‹ Madame de PompadourChapitre 67 sur 205 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

DucloSy Bernis par un : Bonjour, abbé, accompagné d'un petit soufflet; madame de Pompadour accueillait le dernier par un plus sérieux et plus profond : Bonjour, MarmonteL La favorite relevait l'auteur de son découragement poétique, l'encourageait à ses Funérailles de Sésostris, prenant sa part de collaboration non-seulement par des observations et par des critiques de vive voix, mais par nombre de notes crayonnées sur le manuscrit. La pièce tombée, elle consolait Tauteur en lui faisant obtenir la place de secrétaire des bâtiments, puis plus tard le privilège du Mercure. Et, toujours désireuse de le conserver à la poésie, madame de Pompadour lui faisait remanier et habiller à la moderne le Wenceslas de Rotrou qui tombait comme les Funérailles de Sésostris, Ces deux chutes ne refroidissaient pas la protectrice pour Tauteur chuté, et, lorsque Marmontel, après avoir été mis à la Bastille comme accusé d'avoir rimé la satire contre le duc d'Aumont, se présentait à TAcadémie, c'était madame de Pompadour qui faisait annoncer parLouis XV qu'il trouverait l'élection bonne et décidait la nomination de son protégé (1).

(1) Mémoires de Marmontel, t. I et II. — Madame de Pompadour poussait encore deux hommes à TAcadémie : Piron et Tabbé Leblanc. Klle «e voyait forcée d'abandonner Piron devant la répulsion du Roi, ievaDt les supplications de la duchesse de la Vallière, désireuse de raire entrer dans le docte corps M. de Bissy. L'auteur de la Métroma- %te recevait, comme compensation, une pension de 1,000 liv. Leblanc, le conseilleur des achats de madame de Pompadour, le compagnon de Voyage de Marigny en Italie, un moment chaudement soutenu par la favorite , recevait amicalement le conseil de se désister de sa candida- ^ire contre laquelle toute la compagnie était ameutée. Pour dédota-

Aux noms de Voltaire, de Rousseau, de Grébillon, do Buffon, de Montesquieu, de Marmontel (1), sur lesquels plane et s'étend la protection de la fayorite, il faut ajouter les noms des deux illustres écriTaim de V Encyclopédie. Mais comment madame de Pompadour, en dehors d'une certaine communauté de sentiments avec les philosophes, fut-elle amenée! travailler presque à la publication sans restriction du livre immense, à fronder entre amis l'opposition que rencontrait Tentreprise de la part dn gouvernement, à se prendre d'intérêt pour d'Alembert et Diderot ?

L'anecdote est vraiment trop charmante, elle peint trop joliment par quel hasard la fortune d'nn livre se fait dans une cour, pour que nous ne donnions pas la parole à Voltaire, qui ne fait que répéter une scène et une conversation surprises par un valet de chambre du Roi.

C'était à Trianon après souper, on était tsès peu, la conversation roulait entre le Roi et les courtisans sur la chasse, sur la poudre à tirer.

— (( Il est plaisant, s'écria tout à coup M. le dnc de Nivernois, que nous nous amusions tous les jours à tuer des perdreaux dans le parc de Versail-

mager Tabbé-brocanteur, madame de Pompadour le faisidt historiog» phe de France. (Voir Portraits intimes du dix-huitième siiele, par & ii J. de Concourt. Charpentier, 1878.)

(1) A ces noms joignons le nom do Mirabeau, au 8i:get duquel dk! des conférences avec Quesnay pour arrêter les poursuites dirifiM contre le publiciste, et encore le nom de Boissy que la visite de lâil^ vorite et le don du privilège du Mercure sauvaient du suicide.

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