CHAPITRE HUITIÈME. K
les, et quelquefois à tuer des hommes et à nous faire hier sur la frontière sans savoir précisément a^ec lùoi Ton tue. »
« Hélasl nous en sommes réduits là sur toutes choes de ce monde, répondit madame de Pompadour. fe ne sais de quoi est composé le rouge que je mets sur ^es joues, et on m'embafrasseroît fort si on me de^ wndoit comment on fait les bas de soie dont je suis kaussée. »
ce C'est dommage, dit alors le duc de la Yallière, [ue Sa Majesté ait confisqué nos dictionnaires enyclopédiques qui nous ont coûté chacun cent pisto- BS... Nous y trouverions bientôt les décisions de outes nos questions. »
Là dessus, le souper fini, on envoyait chercher un xemplaire de V Encyclopédie. Trois garçons de la hambre apportaient chacun sept volumes avec bien [e la peine.
« Onrvit à l'article Poudre que , et bientôt ma-
lame de Pompadour apprit la différence entre Tanien rouge d'Espagne dont les dames de Madrid cooraient leurs joues et le rouge des dames de Paris ; Ue sut que les dames grecques étaient peintes avec le la poudre qui sortait du murex et que par consé- [uent notre écarlate était la pourpre des anciens; lie vit comment on lui faisait ses bas au métier et i machine de cette manœuvre la saisit d'étonnélent :
Ah/ le beau livre, s'écria-t-elle. Sire, vous avez donc onfisqué ce magasin de toutes les choses utiles pour le
posséder seul et pour être le seul savant de votn royaume? (1) »
Et voici peut-être ce qui décida madame de Pompadour à demander à Louis XY une pension pour d*Alembert, lui fit plusieursfois, avec des paroles qui sentaient Tintérèt, portées par des personnes amies, conseiller à Diderot la prudence et la modération.
Madame de Pompadour recommandait encore la mémoire de son nom auprès de la postérité par des créations et des monuments que le temps respecte et qui semblent prolonger dans Tavenir la popularité d*une favorite.
Madame de Pompadour créait cette manufacture de Sèvres dont les produits , dotant l'industrie française d'une porcelaine d'art , devaient enlever à la Saxe le tribut que lui payait l'Europe, et ne plus laisser à l'étranger un art, un goût, une mode, une élégance , qui ne fût un impôt de la France (â). St n'était-ce pas un grand dépit pour le patriotisme artistique de la favorite, que ce monde de ma^ chauds et de commissionnaires accourant à Dresde et se disputant ces porcelaines qui venaient de
(1) Œuvres de Voltaire, édition Beuchot, t. XLVIII. — àfydami A Pompadour, par M. Campardon.
(2) Madame de Pompadour démontrait au Roi que tous les ant It France payait soit à la Chine, soit à la Saxe, 4 ou 500,000 Iîy. pov des produits qu'il était très-facile de fabriquer chez nous, et qnOii^ l'entreprise réussissait, non-seulement nous bénéficierions de tout la numéraire qui sortait de France chaque année, mais encore de odri qu*amèneraient nécessairement et les achats des étrangera et reitMsien donnée dans le royaume à cette industrie.