CHAPITRE HUITIÈME
romper les plus fins connaisseurs d^Amsterdam , et lécidaient le roi de Pologne à donner Tordre de ne lus fabriquer une pièce de porcelaine sans sa larque et ses armes? Contre-balancer, ruiner la orcelaine de Saxe par une porcelaine française evient l'idée fixe de la marquise. Elle ne se laisse oint décourager par l'imperfection des essais, le emi-succès des tentatives faites à Mennecy, à Vilîroy, et à Chantilly où, malgré les chariots apporint la terre de Saxe et la divulgation des procédés e fabrication par le comte d'Hoym , puni de son idiscrétion par la disgrâce, il n'était sorti des fours ue des pièces bien inférieures comme pâte et omme couverte aux belles pièces de Saxe. La fabrique de Vincennes (1), transportée à èvres en 1756, est installée par elle dans ce grand âtiment, encore aujourd'hui debout, malgré les rédictions de ruine du marquis d'Argenson. Maame de Pompadour appelle des chimistes, elle resse de nouveaux essais, de nouvelles tentatives ; lie encourage cette expertise et cette épreuve de
(1) Fondée en 1741, la fabrique de '^^DceIme8 était tombée dans un décrissement déplorable. Madame de Pompadour faisait mettre M. Fulvy la tête de la manufacture régénérée. Une compagnie apportait un ipital de 250,000 liv. auxquelles le Roi ajoutait 100,000 liv., et en 1749, incennes comptait cent ouvriers travaillant soit à leurs pièces, sût à .journée. L'année précédente, la compagnie, voulant remercier le Roi I sjt généreuse subvention, avait fait remetre à la Reine un vase de >rcelaine blanche, accompagné de trois figurines, surmonté d'un boulet de quatre cent quatre-vingts fleurs de porcelaine. Ce vase, dont le Ane était parfait et dont les fleurs surpassaient les fleurs de 8axe. lait envoyé par la Dauphine à son père, Télecteur de Saxe*
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toutes les terres de France qui devaient amener en 1765 la découverte du kaolin de SainIrTrieix. Une armée d'ouvriers habiles (1), de peintres de fleurs et de paysages, de sculpteurs, est mise sous la direction de Bachelier. La marquise fait déclarer Sèvres Mannfacture royale comme la Savonnerie et les Gobelins. Madame de Pompadour choisit Sèvres pour bnt habituel de ses promenades ; elle baptise de son nom ce beau et délicat rose inventé sous elle: k me pompadour (2) ; elle donne à cet atelier de fragilités qui devait survivre à la monarchie , sa surveillance, son intérêt, ses inspirations, les idées ou les conseik de sa fantaisie. Elle protège rétablissement, elle flatte les artistes, elle commande le zèle et Teffort par ce défi au Roi de Saxe, par renvoi d*un service qu'elle proclamait supérieur à tout ce qu'il avait fait Elle commence enfin et décide la fortune du sèmi par des expositions dans le château de Versailles où elle se fait vendeuse et marchande , par Tachalandage , par la chaleur de la louange , par tous lei moyens qu'une favorite possède de commandera une cour un goût nouveau et une dépense, parce patronage dont une de ses paroles nous indique li passion: « Ce n'est pas être citoyen, disnit-elle, de M
(1) Sous les ordres d'un homme qui avait seul le secret de la eoaf^ sition de la matière et des couleurs, cinq cents ouvriers logés davik bâtiment travaillaient, dont une soixantaine de peintres.
(2) Et non le rose du Barry, comme le dit très-justement M. Ch > Villier qui nous apprend que le rose pompadour a été inyenté a H* par un nommé Xhrouet, qui avait pour marque une croix. TLïoimUif^ cevait, pour son invention, 150 livres de gratification.