CHAPITRE HUITIÈME
18 acheter de cette porcelaine autant qu'on a d^ar-
ti^(l). »
Mais il y eut une autï*e création à laquelle madame ) Pompadour se dévoua plus entièrement encore sur laquelle elle mit le grand enjeu de ses ambi- >ns. Elle eut la pensée de compléter la noble idée ) Louis XIV et de donner un pendant aux Invalides ir rétablissement d'une école militaire qui devait ire du Roi le père des fils de militaires tués à Tarée ou ruinés au service (2). C'est un rêve qui, issitôt conçu, est en elle un projet, une fièvre, le fureur ; elle en est remplie et transportée , et ^an de son esprit est si vif, si vrai, dans cette
[1) Mémoires et Journal du marquis d'Argenson, vol. IV.
(2) Étrennes françoises, dédiées à la ville de Paris. Guillaume Simon, B6. — Barbier nous donne la conception primitive de cet établisse- BDt. Le Roi fondait un hôtel royal pour loger, nourrir, entretenir et 9yer dans Tart militaire et instruire dans tous les exercices et scien- • qui y ont rapport cinq cents gentilshommes jeunes et sans bien, ipuis rage de neuf ans jusqu'à dix-huit u qu ils sortiront de Thôtel lar être placés dans les troupes suivant les dispositions et les talents (*il8 auront, avec 200 livres de pension pour les aider à se soutenir ins les premiers emplois qu'on leur donnera, n
n fallait faire preuve de noblesse de quatre générations de père au
oins. Les enfants des officiers tués au service ou morts de leurs blcs-
tres, les enfants do ceux dont les pères et les grands-pères avaien
trvi, étaient préférés à la simple noblesse sans service. Il y avait huit
asses de distinction et de préférence pour être admis. Les enfants
aient reçus sachant seulement lire et écrire.
Les cinq cents jeunes gentilshommes devaient être distribués en dix
Nnpagnies de cinquante chacune et faire tous les exercices militaires.
i devaient, en sortant de TÉcole, porter une marque distinctive qui
était point encore fixée.
On parlait d'un terrain, au Gros-Caillou, pour rérection de TliôteL
grande entreprise, qu*il semble par instants élargir son cœur.
D'abord Tidée de la favorite est un secret, c'est un secret si bien gardé que la plupart des historiens attribuent le projet au comte d'Argenson; mais c'est un honneur qu'il faut rendre à madame de Pompadour, après la lecture de cette lettre écrite par elle le 18 septembre 1750, au retour d'une idsite à Saint-Gyr :
« Nous avons été avant-hier à Samt^Cyr, je ne peux vous dire combien fay été attendne de cet établissement ainsy que tout ce qui étoit; ils sont tous venus médire quil faudroit en faire un pareil pour les hommes, cela m'a donné envie de rire, car ils croiront, quand mire affaire sera sçue, que c'est eux qui ont donné l'idée {{).*
De ce jour , voilà la marquise complotant avec Pâris-Duverney, son cher nigaud {i). Elle lui demande
(1) Lettre autographe de madame de Pompadottr, (Archives de TEb* pire, K. 149 *7.)
(2) Donnons ici une curieuse lettre de Pâris-Duverney à madimt à$ Pompadour sur cette création de l'École militaire :
« 26 may 1750.
(( Madame,
« Mon intention n'est pas d'ajouter & Tidée que vous avespaTOBi faire des circonstances actuelles. Si elles n'ont rien en elles-mdmes qo* Ton puisse regarder comme bien fâcheux, elles ont cela de lariste, al moins, qu'on peut les envisager comme l'effet d'une fermentation (gà ne convient ni à l'amour que le maître attend et désire de ses 8i]yets,v à celuy qu'il a pour eux. Vous avez pensé, Madame, que le projet )■ vous protégés scrcit propre à faire une diversion. Je vais plus loiilf d je pense que la faveur qui s'y trouve pour la noblesse et pour le wSir taire, est un de ces objets qui doit remporter aujourd'huy sur toili autre considération. C'est en effet dans la noblesse et dans le milittAi