CHAPITRE NEUVIEME
3, des amis, des maîtresses, de tous les abords tous les confesseurs des ministres, allaient train et ne taisaient rien. Toute la cour se urait à l'oreille et vendait aux curieux les sede la diplomatie. Dans les soupers de Gom-> », la politique de la maîtresse semblait un se- 5 comédie, ballotté de jolies femmes en jolies 3S, courant dans les saillies , livré follement et e par une espièglerie de Técho aux espions de
n annoncée et publiée d'avance, Talliance Autriche était précipitée par une intrigue de Cette rivale dont le va- tout au jeu du Roi ité si insultant pour madame de Pompadour, *quise de Goislin (2) , était poussée dans la faamoureuse de Louis XV par le prince de
moires secrets de Duclos, vol. II.
marquise de Coislin était éconduite au bout de quelques mois, récit de sa disgrâce raconté par madame de Pompadour à sa !e chambre : « Cette superbe marquise a manqué son coup ; elle a 9 Boi par ses grands airs et n'a cesse de lui demander de l'argent, le savez pas que le Roi signerait sans y songer pour un million et t avec peine cent louis sur son petit trésor. Lebel, qui m'aime Cune nouvelle à ma place, soit par hazard on par projet, a fait Pare aux Cerfs une petite sultane charmante qui a refroidi un peu •our l'altière Vasty en l'occupant vivement. On a donné à *** des î, cent mille francs et un domaine. Jannel m'a rendu, dans cette '.nce, de grands services, en montrant au Roi les extraits de la ' le bruit que faisait la faveur de madame de Coaslin. Le Roi a été e la lettre d'un vieux conseiller au parlement, du parti du Roi, qui
un de ses amis : u II est juste que le maitrc ait une amie, uue te, comme tous tant que nous sommes, quand cela nous contais il est à désirer qu'il garde celle qu'il a ; elle est douce, ne aal à personne et sa fortune est faite. Celle dont on parle aura
superbe que peut donner une grande naissance. Il faudra lui
Gonti (1), dévoué comme madame Pompadour ans intérêts de Marie-Thérèse et youlant avoir près du Roi un instrument personnellement à lui. Cette émulation , cette concurrence irritait madame de Pompadour qui voyait une autre femme tout àcoiq^ essayer de lui enlever l'initiative des projets qu'elle
donner un million par an, parce qa*elle est, à ce qu'on dit, trèi-diptt* sière, et faire ducs, gouverneurs de proyince, maréchaux, ms pareati qui finiront par entourer le Roi et faire trembler tes inini8trea.»L*«Xtnk avait été remis par Janelle à madame de Pompadour.
(1) Bemis rendit, à cette occasion, un grand service à la marquitt de Pompadour. La voyant triste un jour, la favorite lui confia sa •• tuation, la demande qu'elle avait faite au Roi de se retirer de la eon: M Je ne saurais exprimer Témotion que je ressentis, dit Bemis, maiijt la maîtrisai dans un instant en lui disant : Biadame, ce n'est pas aU qu'un ministre d'État doit prouver ses sentiments. Je me levai et vN* lus sortir de son cabinet, elle me retint et me força de lui ^re quel Mit mon projet. Je lui avouai que j'allais écrire au Roi, lui repréMrtff combien une nouvelle maîtresse affichée nuirait à sa réputation, à IM affaires et donnerait d'ombrages à la cour de Vienne... La nuuqiAi trembla de ma résolution. Elle me fit sentir que je m'exposais à défUn au Roi, en lui parlant avec cette liberté, et que s'il avait la IûUmn de montrer ma lettre k sa maîtresse, jd courais encore de plus gotit risques. Je lui répondis avec fermeté que j'avais fait tons ces cslcali'
u Malgré les frayeurs de la marquise, je fus écrire an Roi : jaasii O n'a dit la vérité à son souverain avec plus de respect ni avec ploi ^ vérité que je ne le fis : la conclusion était que, si le Roi persistait ^ déclarer une nouvelle maîtresse, je le suppliais de me permettre de if retirer. Je portai cette lettre à la marquise qui pleura d'admirttioa ^ de reconnaissance de trouver en moi une amitié si courageuse. Uàtn contente de connaître le secret de mon cœur, elle ne voulait pas ooir sentir que cette lettre fut remise au Roi. Je la cachetai à l'instaitiit comme le Roi entra chez la marquise un moment après, j'attendis ^ Sa Majesté s'en retournât pour la suivre et lui remettre ma lettrt <■ la suppliant d'y faire grande attention et une prompte réponse.
M Cette réponse ne tarda pas; le Roi me la remit lui-même lelea^ main, et je la portai toute cachetée à la marquise. Le Roi m'ypaiWt avec la plus grande bonté et franchise; il détaillait les qualités <•!* marquise et ses défauts, et me promettait de renoncer an goftt ^ avait pour sa rivale, parce qu'il en sentait le danger pour ses alak*' et sa réputation. » [Mémoires inédits du cardinal de Bemis.)