CHAPITRE NEUVIÈME. Ô
ne à la religion de Louis XV, et faisait briller à yeux ridée d'une grande alliance catholique, contre-balancerait en Europe le pouvoir croist et envahissant du parti protestant. Enfin, elle retenait Louis XV, avide de repos, de l'espèce d'une paix dans laquelle s'endormirait sa liesse et qui rappellerait la paix avec laquelle le IX Fleury avait bercé son enfance et un moment mé le repos à la France.
ouis XV, gagné à ses projets, proposait de char- Bemis de conférer de l'alliance avec le comte de rhemberg. Madame de Pompadour, désireuse de Bnrer sa responsabilité dans l'avenir, représenque le comte de Bernis, n'étant point ministre, [Viendrait moins que tout autre. Le Roi insistait, rs madame de Pompadour priait Louis XV de se venir qu'elle n'avait point proposé l'abbé et que thoix venait uniquement de Sa Majesté (1). La
resse... Lm railleries de Frédéric Tavaient ulcéré et furent cause raité de Versailles.
Donnons ici le récit de Bernis qui confirme en tout point ce que i avons dit de son hésitation, de sa répulsion même à se faire rins-» >«nt de la politique de madame de Pompadour : « Je me disposais «iTOjage d'Espagne, et je devais en effet partir dans huit jours» td, on soir, en sortant de chez M. Rouillé, je reçus un billet de ame de Pompadour qui me mandait de me trouver le lendemain à heures, chez elle, sans y manquer. Je me rendis à Theurë indiquée î ame de Pompadour me montra une lettre du comte de Staremberg* tire plénipotentiaire de Leurs Majestés Impériales, par laquelle mandait à madame de Pompadour un rendez-vous où il pût faire de propositions secrètes, dont il était chargé par l'Impératrice. Il Uidait en même temps que le Roi choisit parmi ses ministres quel- A pour assister à cette première conférence, et qui fût autorisé de Ire compte à Sa Majesté des propositions, et de remettre la
?io Madame de pompadour.
favorite avait le négociateur qu'elle voulait, comptant bien sur le caractère de Bernis, sur son désir de plaire au Roi, sur sa reconnaissance envers elle,
réponse que le Roi jagerait à propos de faire. Rien n^égala U iOipriM que cette lettre me causa; une foule dHdées relatiyes à robjet ^ pouvait se proposer la cour de Vienne, et à mes j^pres intérêts, n présentèrent à mon esprit. Je ne vis dans ce commencement de négih ciations qu'un piège tendu au Roi, et un écueil fort dangereux pov ma fortune et mon repos. Je demandai à madame de Pompadour • c'était elle qui m'avait proposé à Sa Majesté pour me faire eetto confidence : elle m'assura que non, que le Roi m*avait choisi de préférence à tous les ministres, non-seulement par Tidée qu^il avait de ■! capacité, mais aussi parce qu'il connaissait les préjugés de ses minii* très contre la cour de Vienne,
■ Je développai alors à madame de Pompadour tout œ qu'il y vnH à craindre de se livrer à une négociation avec la cour de Viemie, loit qu'elle fût sincère ou qu'elle ne voulût que nons amuser. Dui Is premier cas le Roi risquait deux choses, la première de changer m système politique, mais encore celui de toute l'Europe, ce qui ne OUBquerait pas de révolter les esprits et de causer peut-être on élwaiilament général. J'ajoutai que, dans ce même cas, il ne fallait pas dootir que la cour de Vienne nous entrain&t dans une guerre avec le Bd !• Prusse, et que cet embrasement ne devint peut-être général par la frayeur que causerait aux princes protestants l'union des deux phi grandes puissances catholiques. Je fis sentir aussi que cette goemi étrangère à toute la nation, déplairait à toute la France, que la Roi n'avait point de généraux éprouvés pour conduire ses amiéea« ai dM finances en assez bon ordre pour soutenir le double poids d'une dsiUi guerre de terre et de mer.
« Dans le second cas, la cour de Vienne ennemie depuis trds oratini de celle de France avait un grand intérêt à donner de la jÉlouial nos alliés par de feintes négociations... Comme je flnîmi^^if ces réflsxkBii le Roi, à qui je n'avais jamais parlé d'affaires, entra et ma flnmiait brusquement ce que je pensais de la lettre de Staremberg. Je répélll à Sa Majesté ce que je venais de dire à madame de Pompadoar; !■ Roi m'écouta avec impatience, et, quand j'eus fini, il ma dit ||rea^ai en colère : « Vous êtes comme les autres, l'ennemi de la Reine de Hsagrie. » Je répondis au Roi que personne n'admirait plus que moi obHi
princesse Le visage du Roi devint plus serein, il m*ordonna d^éco»
ter M. Staremberg en présence de madame de Pompadour qû W devait assister qu'à la première conférence. » {Mémoir9t hMti à cardinal de Bemis.)