‹ Madame de PompadourChapitre 86 sur 205 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

sur la tentation des grandeurs pour le faire céder et obtenir de lui le sacrifice de ses répugnances : c'est ce qui arriva.

Le 22 septembre 1755, madame de Pompadour, rabbé de Bemis, le comte de Starhemberg se rendaient à Babiole^ la petite maison au-dessous de Bellevue, et une conférence avait lieu où madame de Pompadour, combattant les objections de Bemis, montrait la chaleur d'un plénipotentiaire autrichien (1).

De cette conférence, suivie de quelques entrevues dans un logement deDuclos au Luxembourg, sortait très-légèrement modifié un plan de traité proposé par rimpératrice-Reine et qui faisait à la France, il faut le reconnaître, les conditions les plus belles qu^on lui eût faites depuis longtemps.

Llmpératrice renonçait à jamais à Talliance de l'Angleterre. Les Pays-Bas étaient donnés à un prince neutre de la maison de Bourbon, au duc de Parme. Les ports que la France acquérait auprès de Il Hollande maintenaient forcément dans l'avenir la République Hollandaise dans notre alliance. Mons était cédé à la France, et Luxembourg, le Gibraltar de l'Autriche, rasé. Enfin la couronne de Pologne, qui gardait par ménagement pour la Porte sa forme républicaine, était rendue héréditaire. La Suède

(1) Histoire de France pendant le dix-huitième siècle ^ par Lacretelle, t. m. — C*était madame de Pompadour qui menait tout, quoique dans a e lettre provenant de la collection Leber et conservée à la bibliothèque de Rouen, elle écrive à Fitz-James « qu'elle n'est pas dans le cabinet du Roi pendant le travail du Moi ».

gagnait la Poméranie. La Russie était partie contractante.

Malgré les immenses avantages que la France retirait de ce traité , madame de Pompadour redoutait Topposition de MM. de Puisieux et de Saint- Séverin, qu'elle avait poussés à la paix d'Aix-la-Cbapelle, pour alors enlever le Roi à la guerre et le garder auprès d'elle. Devinant l'hostilité de d'Argenson, par cela seul que le traité était dû à son initiative, elle faisait rapporter le 20 octobre le plan de traité dans un comité composé de Rouillé, de Séchelles et de Saint-Florentin, et dont pouvait faire partœ Bernis qui n'avait pas entrée au conseil.

Les hésitations du comité amenant Bernis à proposer à l'Impératrice entre les deux cours , au lieu du plan primitif proposé par elle, un traité d'union et de garantie de leurs États respectifs en Europe, ceux du roi de Prusse compris , l'Angleterre seule exceptée ; la répugnance de l'Impératrice à accorder cette garantie à la Prusse , à un État où notre ambassadeur arrivait le 6 janvier 1756 pour assister à la signature d'un traité avec l'Angleterre ; certaines défiances assez excusables, qui un moment faisaient hésiter l'Autriche dans la poursuite de notre alliance ; l'exigence de notre part d'un traité de neutralité des Pays-Bas, et défensif en cas d'hostilité des Pays-Bas; puis enfin l'engouement de madame de Pompadour chaque jour plus déclaré, et qui lui faisait demander au Roi que le traité avec l'Autriche fût offensif : les tempéraments apportés par Bernis

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