CHAPITRE DIXIÈME
t vraie, — de chercher à s'emparer de la feuille bénéfices , soit par la nomination d'un évêque si parmi les moins sévères, soit par le partage îette feuille, retirée des mains de l'Église, et îée aux quatre ministres laïques , ses créatuil l'accusait de pousser à des choix de bénéfi- \ faits sur des preuves secrètes d'irréligion que burnissait la police. Et dans ses mandements, tpandait son indignation toute vive. Nommant que la favorite, il faisait remonter jusqu'à elle les maux et tous les scandales, les difficultés État et les larmes de l'Église ; et tandis que sa le publique la frappait avec si peu de ménage-. t, au milieu de cette fausse science protégée et uragée par elle (1), sa parole privée s'abandonà des vœux indignes de lui et qui le calomjnt; il s'oubliait, dans des entraînements de re, jusqu'à dire « qu'il la voudrait voir Br(2)... »
lis, si madame de Pompadour rencontrait de illes haines dans le parti et les hommes de ise , la popularité qu'elle pouvait mériter ainsi
Hémoires du maréchal due de Richelieu^ vol. VIII. \témoire8 historiques pendant la faveur de madame de Pompadour. gnerre te faisait entre Tarchevêque et la favorite dans les plus I choses. Les Mémoires de Luynes nous donnent ce détail à la lu 6 juillet 1756. — Madame de Pompadour, qui a passé vingtheures à Paris le 1" juillet, a envoyé demander h Mv Tarchela permission de faire dire la messe dans sa chapelle ; Mf Tar- [ue Ta refusée en disant que, si elle était habitante de la ville, 11 it lui accorder, mais que cela n*étant que pour ses gens, ils ent bien aller à l'église. »
Ui MADAME DE POMPADOUB.
auprès de son temps était effacée par Ténorme et furieuse impopularité (1) qui s'attachait à elle comme à la plus redoutable ennemie du jansénisme et du parlement. La favorite était, pour le parlement, la cause première des embarras financiers, de Taccroissement des dettes publiques. Les parlementaires connaissaient, par Tindiscrétion de ses paroles, ses mauvaises dispositions a pour dt% citoyens indignes qui abusent des besoins de l'État pour faille faire à leur maître des actes de faiblesse, » Us n'ignoraient point Tentêtement de sa volonté, rénergie de ses résolutions. A leurs yeux, c'était à la favorite qu'il fallait rapporter les coups d'autorité du Roi ; c'était elle qui les avait inspirés et dictés; c'était elle qui avait fait apparaître le maître dans ce Roi, qui n'avait de personnel que ses faiblesses ; elle enfin qui avait ôté à la royauté le contre-poids du Parlement, et fait de la monarchie un despotisme. Et les voix des parlementaires s'élevaient aussi hant contre madame de Pompadour, que la voix de l'Église, semant dans le peuple ces malédictions et cette exécration que la mort ne fera pas taire autour du cercueil de la favorite.
(1) Madame de Pompadour hésitait à se rendre à la preoiiiiv représentation du Catilina de Crébillon de peur d'être sifflée, innlN^ par le parterre. Kn 1750, la marquise étant venue à Paris pour Twr à r Assomption Fapparteraent de sa fille, le duc de Gt>ntaat, qai devait lui donner k dîner, la pressait de retourner au plus vite à VenaiOeii lui disant qu'il ne faisait pas bon pour elle k Paris. D'Argexi8<« ijonto en un autre endroit de ses Mémoires qu'elle avait pensé être décUrés «etqu'on ne l'avait manquée que d'une rue ». Et un moment elle n'oi^ plus voyager que précédée et suivie de cavaliers de la maréchaaiiéii
Tassassinat de Damiens. — Madame de Pompadoar sans du Roi pendant onze jours. — Les familiers de la favorite.
;ation de son renvoi par le garde des sceaux. — Interven* maréchale de Mirepoix. — Madame de Pompadour disant
Q^on : Il faudra que vous ou moi nous nous en allions, — Scène
) de la marquise. — Exils de Machault et d'Argenson.
de justice du 13 décembre 1756 avait amené même la rémission de tous les offices du nt. Le lendemain, la justice était interrom-
intérêts privés n'avaîBnt plus d'avocats ni ureurs ; toute la France s'agitait sous ces
et ces excès d'opinion d'où sortent trop les crimes politiques, quand, le 5 janvier uis XV, montant en carrosse, pour aller faire
à Trianon était frappé par Damiens. Un
Roi appelait le Dauphin à présider pour la 5 fois le conseil d'État. Le Père Desmarets, ur de Louis XV, s'enfermait avec le Roi (1); la
le la blessure fût très-légère, le Roi se crut frappé à mort, chez Louis XV le pressentiment qu'il mourrait assassiné, ivoi de Maurepas, le Roi ayant entendu lire le pofime qui
Reine recevait du blessé des déclarations de repentir ; madame de Pompadour n'en recevait rien, pas un billet, pas un mot.
Pendant que le Roi est aux mains de TÉglise et de la médecine, pendant que le Dauphin est tout puissant onze jours durant, la marquise est enfermée dans son appartement sans nouvelle du sort qui lui est réservé au dehors: sous ses fenêtres, ce sont des menaces de mort et les cris du peuple; an dedans, c'est la curiosité impitoyable de toatYersailles qui entre chez elle «comme dans une église», vient jouir de sa vue et s'en repaître.
La marquise pleure, s'évanouit, recommence à pleurer et s'évanouit encore. Il y a autour d'elle Remis qui la regarde les larmes aux yeux (i), la duchesse de Brancas qui ne la quitte guère, trèssouvent Rouillé , Moras , le contrôleur général Saint- Florentin. Le docteur Quesnay ne fait qu'aller et venir du Roi à la marquise ; il la console , la récon-
commence par : i Réveillez-vous^ Mânes de Bavaillae, • disait : • Je Toii bien que je mourrai comme Henri IV. »
(1) Bernis, sortant du cabinet du Roi, où le premier olijet qii*U l|i^ cevait était Textrême-onction sur la table, s'exprime ainsi : « Je di^ cendis chez madame de Pompadour, elle se jeta dans mes brsa irM des cris et des sanglots qui auroient attendri ses ennemis Àkut* ^ la priai avec fermeté de rassembler toutes les forces de son âsMi ^ s'attendre à tout et de se soumettre à la ProYÎdenoe ; loi l^^Mtti^ qu'elle ue se livrât pas à des conseils timides, qu^aimée dn Roii ^ n'étant plus sa maîtresse depuis plusieurs années, elle devoit atteiii* ses ordres pour s'éloigner de la cour ; qu^étant dépositiure dot MOtli de l'État, dos lettres de Sa Majesté, elle ne pouvoit disposer dt N personne ; que je l'instruirois à toutes les heures de la situation dn ■*" narque, et que je partagerois mon temps entre ce que Je dsvoli h l'État et k l'amitié.