CHAPITRE ONZIEME. Uh
, lui dit qu'il n'y a rien à craindre, que si le îtait un autre homme, le Roi pourrait aller au 13 soir (1). Mais l'homme que madame de Pom-
la quittai en finissant ces paroles, et revins la consoler à toutes 1res de la nuit que je passois entière chez le Roi, et ensuite oU par jour tant que dura la maladie. »
<e duc de Luynes, en général bien informé des choses secrètes our, fait le récit suivant : « Du samedi 15. — Tout est ici dans grande fermentation. Les amis de madame de Pompadour ont >crit qu*elle avoit vu le Roi dès le lendemain ou le surlendemain dessure ; le fait est faux, et cette visite étoit impossible pendant t«mps que le Roi a resté dans son lit ; il y a eu jour et nuit du dans sa chambre. 11 y a même lieu de croire qu'il n'y a eu ni ;e ni lettre. Les premiers jours madame de Pompadcur a été dans son lit et saignée; elle ne voyoit d'abord que ses amis liers, ensuite ceux qui ont coutume de souper chez elle ; et, le après la blessure, elle vit tout le monde, même les ministres ira. Elle a depuis donné à souper chez elle à des dames comme
3it accoutumé de faire depuis qu'elle est dame du palais
ne n'avoit prononcé son nom devant le Roi jusqu'à hier, que le tnt demandé à M. de Clerraont d'où il venoit, il lui répondit qu'i^ de chez madame de Pompadour, et le Roi ne répondit rien. on a vu ses partisans tristes, tantôt le visage plus satisfait. are que le Roi a dit à madame la comtesse de Toulouse que )tte fois-ci c'étoit tout de bon. Ce qui est certain, c'est que, trois ou quatre jours, le Roi n'a pas vu en particulier le Père •«tx ; qu'avant-hier il descendit chez madame de Pompadour et :ès d'une demi heure, et qu'hier il y fut deux heures. 11 y avoit appartement destiné aux maîtresses particulières du Roi, il est dé depuis deux ou trois jours. Le Roi paroit frappé sérieuse' 9 cet événement-ci. 11 est très-certain qu'il a dit qu'il voudroit i en eût coûté un bras et que ceci ne fût pas arrivé, et l'on que lorsqu'on lui sonda sa plaie et qu'on lui dit avec plaisir n*étoit pas profonde, il dit : • Elle est plus que vous ne le car elle va jusqu'au cœur, m II est très-certain aussi que depuis t guéri et habillé, quelqu'un lui ayant marqué sa joie de sa il dit : « Oui, le corps va bien, mais ceci va mal, en mettant la sa tète, et ceci est impossible à guérir. »
mercredi 19. — Au reste, le Roi a repris le même train d«
aadame de Pompadour aussi. Toute la cour et tous les ministres in étoient chez elle hier; le Roi y va souvent, il y étoit hier at-hier debout avec plusieurs autres personnes pendant qu'elle
?4A MADAME DE POMPADOUB,
pndour attend, le seul homme qui puisse la rassurer, le garde des sceaux, Machault, n'est pas encore venu et ne se présente pas. Le fils de madame da Haussct est dépêché pour épier au château ce qui se passe ; il revient dire que le garde des sceaux est chez le lloi. Il est renvoyé pour savoir ce que Machault fera à la sortie ; Machault rentre chez loL (( Et c'est là un ami/ » s'écrie la marquise désespérée.
Dans l'indignation de sa douleur , elle rappelle tout ce qu'elle a fait pour cet homme, qui sans aucun doute dans le moment fait cause commune avec d'Argenson. N'était-ce pas elle qui , lors de la démission de d'Aguesseau, avait fatigué le Roi de ses prières pour le faire nommer garde des sceaux? N'était-ce pas elle qui avait forcé le ministre des Affaires Étrangères à le traiter de Monseigneur dans ses lettres? N'était-ce pas elle qui l'avait soutenu contre le déchaînement populaire qui lui attribuait la misère des provinces, et semait les rues de Paris de billets sur lesquels était écrit: « Rouez Machault.»
dinoit tête à této avec M. de Chaulnes. H y soupa hier... On préiVM cependant que ces apparences extérieures ne changent rien à VM détermination fixe que le Roi a prise... »
u Du mardi 25. — Quoique toutes choses aient repris le menu trù comme je viens de le dire, madame de Pompadour n*avoit para mH* part, ni chez le Roi dans le moment de toutes les réTéreneei àtt dames;, ui chez la Reine où elle a coutume de venir asseï toavwt depuis qu'elle est dame du Palais ; enfin elle y parut hier et fit u cuur au (Huer de la Reine. Il seroit bien difficile de prévoir queUe un la suite de tout ceci. Le Roi paroit prier Dieu avec beaucoup da déro* tiûu et madame de l'ompadour continue à entendre la me«M tflV ^ jours, H {Mémairei du duc de Luynes, t. XVI.)