‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 110 sur 133 · M. LE DUC OFFRE SA DEMISSION AU ROI · texte numérisé non relu

M. LE DUC OFFRE SA DEMISSION AU ROI

démêlés, prit le [)arti Je donner sa démission au roi Louis XV.

« Il l'olfrit, dit Walpole, en prt'sence de M. de Fréjus, que cette déniarclie surprit et embarrassa autant que son élève : « Votre Majesté, avait aussitôt observé l'évéque, consentirait-elle à la proposition de M. le Duc sans l'engager encore à demeurer à son service? » Le Roi, tiré d'incertitude, avait prié M. le Duc de conserver la direction des affaires, en lui donnant, ajoutait Walpole, des témoignages d'amitié et de satisfaction. »

Le reste de l'affaire allait en eflet être traité par le jeune Roi et son précepteur, avec une dissimulation ressenil)lant fort h de la perfidie.

Quoique le jour, l'heure et les moyens fassent dès ce moment entendus entre eux. le Roi, qui n'avait alors que seize ans, aHecla une tranquillité, un air d'insouciance admirables. A la Reine, qui, pressée encore par M. le Duc et, dit-on, par Mme de Prie de parler en faveur du premier ministre, hasardait qucdques timides ohser\"alions, il avait répondu évasivemcnt, mais sans mauvaise luimeur apparente. Pour M. le Duc lui-même, il avait été plein de prévenances. Il lui avait parlé fort gaiement du séjour (ju'il projetait de faire à Cliantilly le mois suivant. La veille du jour fixé pour le coup d'Etat, il l'avait emmené dans sa calèche, l'entretenant de mille choses avec la même i)orme Injmeur.

En outre, les précédentes journées de Sa Majesté avaient été ce qu'elles étaient à l'habitude, ne (hniotant aucune préoccupation particulière.

Après avoir été coucher à Rand)Ouillet le (J, il était retourné le lendemain matin à Versailles, oii il avait passé sa journée à la ménagerie et à pécher sur le grand canal. Le lendemain et le surlendemain son temps avait été

presque complètement absorb»' par les cérémonies accoutumées de la fête du Saint-Esprit, les oflices, la marche des chevaliers de Tordre, etc. Le duc de Bourbon y marchait à ses côtés et l'on avait remarqué qu'il l'avait fort gracieuse.

Néanmoins les avis d'avoir à se défier et qu'il se projetîiit quelque méchante affaire contre lui ne manquaient pas au premier ministre.

Un de ses valets de chambre, Saint-Remy, joueur de profession, réputé pour avoir perdu en un coup de dés vingt-quatre mille livres à Chantilly, pourtant très aimé de son maître, l'avait assuré qu'il y avait un complot et qu'on l'oterait sous peu de place. Mais M. le Duc, à qui les manières du Roi avaient rendu de l'assurance, avait dit à Saint-Rcmy qu'il était un fou.

Plusieurs billets anonymes annonçant les mêmes événcnKMits lui avaient été remis, sans qu'il y prêtât autrement attention.

l{t pourtant les enti'ctiens à la cour ne roulaient pas sur un autre sujet.

Villars raconte comment, dans une conversation avec le contrôleur général, celui-ci lui exprimait ses craintes sur la situation fort précaire du premier ministre; il voyait sa diso^ràce imminente.

Knfin, le M juin, M. le Duc, le marquis de Prie et du Vernay se trouvant toujours au château. Louis XV se leva comme à son ordinaire, avec l'intention de partir à onze heures pour Rambouillet, ainsi (juil l'avait fait savoir la veille à son dfner.

Une réception d'ambassadeurs, puis un conseil des finances l'ayant reteim au dernier moment, il avait quitté Versailles à trois heures seulement. Pendant le repas qui avait précédé ce départ, il s'était montré particulièrement

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