MADAME I) !• PRIE
Mais cette réaction à peine perceptible, si même elle était connue d'elle, ne pouvait consoler ni tranquilliser la malheureuse jeune fenniie. Les chagrins domestiques venaient encore obscurcir son liorizon si sombre. La mauvaise volonté de ses parents, à l'exception de son père, Pléneuf et de Monchesne, son frère, était évidente, leur compassion insultante. « Comme si elle n'avait pas assez de ses infortunes, il lui fallait soutenir, dit Hénault, les fausses démonstrations de compassion de sa mère Mme de Pléneuf, (jui s'ellorçait de la plaindre et qui laissait voir tout à la fois la joie d'être vengée et la rage de ne pouvoir poiiit l'insulter. »
Elle avait pressé les apprêts de son départ au milieu de cett(î sourde hostilité des siens. Le coui't délai que lui concédait ror(h'e (hi Roi louchait à sa lin. Elle avait mis ordre à ses affaires aussi complètement qu'elle l'avait pu, recommandé sa fille et son fils, (ju'cUe laissait provisoirement à Paris, aux soins de Mme de Séchelles et reçu (piclques amis fidèles. Elle ne voulait pas devant eux admettre que son exil fût de longue durée. « Combien de temps durera-t-il? disait-elle au président Hénault : deux mois? Trois mois? ». soit (ju'clle se trompât réellement sur h's intentions de la coui", soit qu'elle \ oulùt se forger quehpie illusion jusqu'au dernier moment. Enfin, après avoir doimé ses recommandations au secrétaire du mar- (piis de Prie, à ce dévoué Lozilières qui devait être l'ami inébranlable au milieu des larmes, elle avait quitté T*aris jM)ur gagner la Normandie, le soir du lî> juin 172G.
Le château de Courl)(''[)ine. (jue Louis XY avait fixé comme lieu d'exil à la manpiise de Prie, s'élevait à six