‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 121 sur 133 · I8 MADAME DE PRIE · texte numérisé non relu

I8 MADAME DE PRIE

voilait en un temps l'intendance de Paris. Elle avait été donnée par le crédit de Mme de Prie à un autre, à d'Angervilliers. Il n'avait pu le lui pardonner. Il se croyait un droit de lui devoir toutes les horreurs. Il n'y manquait pas à l'heure où elle succombait. Voici son récit :

« Mme de Prie mourut empoisonnée de sa façon. Les circonstances de cette mort furent bien sing'ulières. Je les ai apprises de l'abbé d'Amfreville, dont le neveu joua le rôle d'amant les derniers jours de la vie de cette dame, .l'ai dit ailleurs que je l'ai fort connue. Son impertinence me dégoûta de son amitié, non que je cessasse de la voir de})uis qu'elle j^ouverna l'Etat, mais je ne puis voir souvent librement et volontiers des persormes que la faveur rend différentes à l'égard de leurs anciens amis de ce qu'elles étaient dans l'état privé. »

Après avoir peint les changements physiques qui s'étaietit produits chez la marquise au lendemain de sa disgrâce, juscpi'à en arriver à ime maigreur excessive, il njoute :

« Quand elle fut disgraciée et exilée à Courbépine, qui élait sa terre, elle prit la résolution de s'empoisonner tel jour, telle lieure, tel mois, etc. Elle annonça sa mort connue un prophète; on n'en crut rien; elle parut gaie; qu'on ne dise pas (ju'elle l'allecta, car cela parut dans tout son naturel. Sans doute (pi'elle n'avait pas d'esprit jus- (|u";ni point de pouvoir profiter de ses disgrâces; au contraire, elle croyait ne se pouvoir montrer sans crédit et exposée à ses ennemis après avoir eu tant d'autorité, et |)ar cette sotte honte elle voulut imiter l'exemple des Anglais. »

D'Argenson parle encore des fêtes qu'elle donnait à Courbépine et il finit ainsi :

« Elle jtrit pour amant le neveu de l'abbé d'Amfreville. C'était un garçon sage et d'<'S[)rit, jeune et avec de la

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