‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 122 sur 133 · RÉCIT MENSONGER DE D'ARGENSON · texte numérisé non relu

RÉCIT MENSONGER DE D'ARGENSON

figure, surtout un très lionnètc garçon. F^lle lui pn'dit sa mort pour le temps fixe où elle arriva : il n'en eroyait rien ; il l'exliorta en la suppliant de se détacher de ce lâche projet; jamais rien au monde n'a été plus arrêté.

« Le temps venu elle annonçait à son amant sa mort comme plus près. Tl est vrai (pi'on l;i voyait maigrir, (juoiqu'on ait bien connu à sa mort que ce ne lût i)as un poison lent, mais au contraire très violent et vif. Il faut donc conclure qu'il s'y mèhi des causes naturelles avec celles de l'art, mais le corps étant si altéré, Ihumeur et l'esprit se tenaient gais, déliés, badins, légers connue dans la j)lus grande pros[)érilé.

« La vilaine ne donna à son amant (|u'uu diamant (jui ne valait pas cinq cents écus. Klle le chargea deux jours avant sa mort de porter à Rouen, à une certaine adresse très secrète, pour cinquante mille écus de diamants. A son relourde Rouen il la trouva morte à l'iieure prédite; mais ce qu'elle n'avait pas seulement prévu, ce furent les douleurs inexprimables dans lesciuelles elle mourut, si bien que la pointe de ses pieds était tournée derrière. Voilà. pour ceux qui le sauront, de quoi faire songer aux pactes avec le diable où il vient, à l'heure convenue, vous tordre le cou et dire qu'à elh' ce furent les jand)es. »

Est-il utile de faire ressortir le décousu de ce récit féroce et les contradictions d'une femme qui veut mourir et qui invente mille plaisirs, mille fêtes, d'une pauvre créature arrivée à un état de maigreur excessive, « une It'-le de femme sur un cor{)s d'araignée )),et(iui non seulement prend mais trouve un aniarit, d'une feunne dont tous les textes peignent l'anéantissement près d'une semaine avant sa fin et qui s'occupe encore de ses afTaires jusqu'à la dernière heure?

Disons cependant, par respect pour la vérité, que cette

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