‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 3 sur 133 · IV MADAME DE PRIE · texte numérisé non relu

IV MADAME DE PRIE

laquelle se relraiicliaient les gens de qualité? On le lui fit sentir de la même façon (ju'oii le fil sentir à Law, ce Dieu de l'argent dont on embrassait les genoux au moment où les actions de la Banque royale décuplaient de valeur, qu'on avait mille peines à sauver des assauts des petits ou des grands le jour où elles n'étaient plus que des chiffons de papier.

On mit la nouvelle venue à l'index. On se vengea sur elle des airs importants que se donnaient ses pairs, de leurs prétentions de se comporter en gens du J)on ton, de ses propres triomphes. Qu'elle fût plus instruite que le commun, admirablement douée, avec des qualités incontestables de cœur, rien ne valut. On voulut tout méconnaître. En un mot, elle fut la victime expiatoire sacrifiée aux haines de parti et de caste. Ce terme, qui peut sembler aussi démodé qu'exagéré, est pourtant bien l'expression de la vérité.

La marquise de Prie était incontestablement la plus faible dans cette lutte disproportionnée. Elle devait y succomber. Elle y succomba. Elle y perdit d'abord cette gaieté naturelle que tout le monde admirait, et (pii ne se soutint plus que par de rares efforts d'énergie; puis sa santé, ses forces s épuisèrent peu à peu, semaine par semaine, pour la trahir enfin, lorsqu'elle fut abandonnée et proscrite.

Telle fut sa vie politique; elle fui en même temps, ainsi que nous le disons, sa vie douloureuse. Il fallait la faire connaître en premier lieu au lecteur pour mieux éclairer le personnage si attachant en résumé

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