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LEUR ANIMOSITÉ CONTRE LE MINISTERE DE LA GUERRE

mier rapport ne précisait rien. Il ne contenait que des accusations encore vagues.

Or, Le Blanc était à cette lieure même plus que jamais dans les bonnes grâces du Régent, et Dubois, de son côté, hésitait à le frapper à cause de cette intimité même. Chacun d'eux fit la sourde oreille en éconduisant assez vivement les Paris.

Le Régent avaif, })lus particulièrement, insisté sur les services rendus par le secrétaire d'État à la guerre, son aménité, ses excellents rapports avec les ofliciers, dont il était généralement adoré. Il avait fait observer que le temps était très mal choisi pour de pareilles explications, à propos de quelques deniers dont on ne pouvait faire le compte.

Avait-on le loisir de s'y arrêter? Après les fêtes célébrées à l'occasion de l'entrée à Paris de la petite Infante d'Espagne, promise à Louis XV, il avait fallu préparer celles du sacre tout prochain. En dehors de cela, on avait de sérieuses décisions à prendre, telles que le renvoi du maréchal de Villeroy. La peste régnait en Provence. Elle y faisait des ravages affreux. N'était-il pas préférable qu'on y veillât, que d'aller épiloguer sur les actes passés d'un ministre dévoué et entendu?

Le coup avait été rude pour les Paris. Néanmoins, comme ils étaient trop animés contre Le Blanc et qu'ils avaient trop à redouter de représailles de sa part pour le laisser debout, en abandonnant une partie où ils pouvaient le perdre, ils avaient regardé autour d'eux qui, parmi les puissants du jour, était en situation de leur prêter assistance.

Les relations passées de M. le Duc et de son entourage avec Law les faisaient hésiter à s'adresser à lui . Son appui leur aurait été cependant le plus précieux de tous.

Ils en étaient ainsi à se consulter et à tergiverser quand une lettre de Mme de Prie, les éclairant sur les véritables dispositions de ce prince et sur les siennes propres, vint les tirer d'embarras.

Fidèle à son programme, la marquise n'avait point paru vouloir aller plus loin, en ces derniers temps, que de satisfaire aux besoins de ses plus proclies parents.

Elle avait de la sorte fort soigné son mari, obtenu que M. de Prie fût inscrit pour le sacre entre les privilégiés revêtus d'une fonction et qu'il fût do plus désigné parmi les candidats à la croix du Saint-Esprit.

Elle avait revu et définitivement signé le contrat qui unissait sa fille à peine sortie de l'enfance au duc de Roanuez, iils d'adoptioii du duc de la Feuillade.

Mais elle s'était non moins bcurcusement employée à caser les partisans de M. le Duc, qui étaient, à vrai dire, encore plus les siens : Dodun, la veille conseiller d'Etat, au contrôle général; Moi'ville, Iils d'Armenonvillc, un ami de Pléneuf, à la marine; d'Alègre et du Bourg comme marécliaux do France.

Elle avait incité M. le Duc à faire sa cour au jeune Roi. Les félcs inoubliables de Cbautilly, oii l'on avait rassemblé des troupes de cerfs, des bandes de sangliers, où l'on avait éclairé les bois de vingt mille flambeaux, où la dépense de trois journées s'était élevée à cinq cent mille écus. procédaient de cette idée.

Dubois avait été confirmé par elle dans sa défiance de Le Rlanc. Elle n'ignorait pas (jue c'était de lui que dépendait la réussite finale des projets de M. le Duc, que par son intermédiaire on était assuré de la personne du Régent.

Elle avait donc réchaufi'é son ressentiment contre son collègue de la guerre en lui dévoilant les agissements de la coterie, et comme quoi sa place de premier ministre

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