DON ACCUKIL FAIT AU MINISTÈRE
les gazettes proclaiiiaicntlc Iciideniain même rexcellonce. « M. le Duc », écrivait un correspoiulaut parisien à la feuille d' Amsterdam, «M. le Duc vient de commencer son ministère par trois cliang-ements, qui sont fort agréables à la nation. Le premier regarde la taxe du contrôle des actes de notaire, taxe imposée par feu le cardinal Dubois, dont on sentait fort le poids et qui est très diminuée. La seconde concerne les droits qui se perçoivent aux entrées de la ville de Paris sur les avoines, grains, fromages et beurres dont on ne paiera jusqu'au 1" janvier que le quart, et le tiers après celte date. Le troisième arrangement a trait au recouvrement du don de joyeux avènement qu'on est dans lïntention d'ajourner, à la grande joie des citoyens. »
Ces décisions dictées par le désir de soulager les populations avaient produit le meilleur effet du monde.
Mais ce qui n'avait pas moins contribué à fonder la bonne renommée du nouveau ministère c'était la générosité de ses procédés à l'égard de ceux dont l'iiostilité pour lui était notoire.
« Qui donc, répétait-on, s'est avise de proclamer à la cour et à la ville la prétendue animosité de M. le Duc contre M. Le Blanc? Parcourez les gazettes. Voyez comme elles en parlent. M. le Duc répond parfaitement à la baute idée que le Roi et le pul)lic ont conçue de lui. 11 paraît très disposé au rappel de M. Le Blanc. Ce sage prince, (jui n'a point d'autre désir que le bien du royaume et qui connaît la ca[)acilé de M. Le Blanc, n'a point cacbé le besoin (ju'on a de lui, et on assure môme ([u'il a dit (ju'il n'y avait personne dans le Royaume qui fût plus au fait de la guerre que cet ancien ministre et (ju'il était de l'intérêt de l'État de le rappeler à la cour. »
« Voilà donc M. le Duc, à peine parvenu au pouvoir, »
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ajoutait-on. « et l'un de ses premiers ordres sera pour rendre à M. Le Blanc sa liberté et sa place! Qu'ont donc fait ses adversaires qui vaille cela? »
« El que n'a-t-il tenté ces jours derniers pour se rapprocher de ceux-ci? »
« Aussitôt en quittant le Roi. le lendemain de la mort de M. le Duc Régent, il a couru chez le duc de Chartres, et de chez celui-ci chez le duc du Maine comme chez le prince de Contv, pour leur exprimer son ardent désir de les contenter là oîi sa bonne volonté serait seule enjeu. Comment a-t-on répondu à tant d'empressement? M. le prince de Conty, qui avait fait des visites à toute la cour, ne s'est pas présenté chez M. le duc de Bourbon!
« M le duc de Cbartres a affecté le même dédaiu pour le premier ministre. Consulté par lui sur les conditions dans lesquelles il entendait qu'on constituât sa maison, qui est celle du premier prince du sang, héritier présomptif de la couronne, il a fait savoir qu'il s'adresserait pour cela directement au Roi, ce qui est contraire à l'usage, car toute sollicitation de ce genre doit passer par le premier ministre.
« En outre de cela. M le duc de Chartres avait déclaré précédemment que. n'acceptant plus le travail de directeur général de l'infanterie avec M. de Breteuil remplaçant de M. Le Blanc, il donnait sa démission de cette charge. »
« Au demeurant il semble que ce prince n'ait aucun souci de sa popularité.
« On raconte en effet que le lendemain de la mort du Régent, son père, il vint dans son a})partement plus de deux cents officiers pour lui faire compliment; au lieu de les gracieuser, de leur demandei' leur amitié, il passa tout le long des chambres saus rien dire. Ou comprend que les officiers n'y soient pas revenus. »