‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 55 sur 133 · TENTATIVE D'ASSASSINAT SUR P A RIS-D U VERNE Y · texte numérisé non relu

TENTATIVE D'ASSASSINAT SUR P A RIS-D U VERNE Y

un autre enfin un coup dans le bras gauclie, en le traversant de part en part. Après quoi ils le laissèrent ('tendu sans mouvement, sans connaissance, et s'enfuirent.

Des gens accourus au bruit de la lutte relevèrent cet boinme. Il n'était pas mort, mais il n'en valait guère mieux, car {dusieurs jours on pensa ne pouvoir le tirer d'allaire. 11 sappellait Paris de La Guillonnière, était capitaine au rég-iment de cavalerie de Toulouse, et non point de carabiniers comme l'écrivirent faussement certaines gazettes.

En tout cas il n'y eut qu'une voix dans Paris pour déclarer qu'on avait voulu se venger de Paris-Duverney, (jue si le financier avait écbappé à cette eml)ûcbe, c'était grâce à la ressemblance de stature et de démarcbe entre ces deux hommes, que, Duvernev supprimé, ces malandrins comptaient bien s'adresser à des personnages encore plus haut placés.

Ces bruits complétaient parfaitement d'autres rapports que M. le Duc et Mme de Prie recevaient à cet instant et (ju'ils n'auraient pu négliger en aucun temps, étant donnée la qualité des personnes qui s'en faisaient les intermédiaires.

En effet, l'une d'elles était le cardinal de Noailles. L'archevêque de Paris, ayant demandé une audience de M. le Duc. lui avait appris qu'en une confession l'eçue par un de ses j)rétres, il avait t't('' parlé d'une tentative de meurtre sur sa personne et sur celle de la marcjuise. Le prédat avait hésitt'' devant la violation du secret, mais la raison d'Etat l'avait emporté et il était accouru l'en informer.

La vie de l'un comme de l'autre étaient donc incontestablement menacées, le cas de légitime défense nettement établi. Par cela même, les ennemis de Mme de Prie en étaient venus d'eux-mêmes, au point où elle entendait les

amener, à savoir d'établir la nécessité pour le gouvernement d'affirmer son autorité en réprimant le désordre.

Le premier ministre acquérait, en effet, non seulement le droit, mais le devoir, de châtier des criminels de droit commun, qui étaient en même temps des fauteurs de troubles. Il savait quels étaient les coupables, que chacun au demeurant nommait sans contrainte. Il avait les moyens d'agir efficacement, et il ag-it dès cet instant.

Le lendemain de l'assassinat de La Guillonnière, les journaux annonçaient qu'on procédait à de grandes perquisitions pour découvrir les meurtriers et que, comme on avait déjà quelques indices, on espérait y réussir. L'un d'eux avait laissé tond)er son chapeau sur le lieu du crime. On avait alors fait venir tous les chapeliers du quartier pour s'informer d'eux s'ils ne le reconnaîtraient pas.

On avait de même soigneusement questionné ceux qui avaient aidé à relever le blessé. Cette première procédure n'ayant rien donné, la police avait fait promettre 20,000 livres, les frères Paris 40,000 Hvres plus le pardon, à celui des complices qui découvrirait ses camarades. A la suite de quoi on informait le public qu'un officier en aurait révélé le nom et que cette affaire se rattachait à celle du malheureux Sandrier, homme de confiance de La Jonchère, qui avait été, comme l'on savait, trouvé dans la rivière vingt mois auparavant.

Mais le silence se faisait encore sur cette information sensationnelle et vingt jours s'étaient écoulés qu'on disait les assassins trop bien cachés maintenant pour être reconnus.

On prit d'autres déterminations. Les recherches dirigées par M. le Duc, Mme de Prie et d'Ombreval sous leurs ordres s'étaient portées, à ce moment, d'un autre côté.

Villars écrivait à cette date : « Les soupçons sur la dernière tentative d'assassinat vont à ces cliefs d'espions

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