‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 58 sur 133 · H6 MADAME DE PRIE · texte numérisé non relu

H6 MADAME DE PRIE

Marig-ny, par contre, n'inspirait aucune confiance. Italien de naissance, il s'était élevé et éduqué auprès du cardinal Alberoni. Entré au service de la France, il y avait obtenu le grade de brigadier. On ne l'en estimait pas plus pour cela. On le savait joueur, buveur, de commerce peu sûr.

La foule, du reste, ne s'arrêtait plus à ces subtilités de réputations plus ou moins intactes. Elle voulait voir pour l'instant Le Blanc, les Belle-Isle et leur séquelle coupables.

Elle se redisait tous les détails du crime et la bonté et la générosité de Sandrier et comme quoi La Joncbère, tout en étant son ami, lui avait dérobé sa femme, comme Le Blanc avait séduit la sienne, à lui La Joncbère; que nonol)stant. cette mallieureuse, pleurant amèrement aujourd'hui son mari, criait comme un diable et demandait vengeance.

Elle rappelait que Sandrier avait le secret de tout, que par conséquent il n'y avait pas de doute à conserver sur les motifs de sa mort, qu'il n'avait pas voulu se prêter aux friponneries de ses chefs et qu'on avait usé de violence à son endroit, ne pouvant pas en obtemr raison autrement.

Elle {)arlait à découvert des mœurs plus que relâchées de l'ancien ministre de la guerre. Lui et son ami Séclielles, disait-elle, étaient de partie de plaisir ensemble. Us y dépensaient gros et s'y étaient ruiné la santé, Séchelles notamment, qui le jour de son arrestation sortait des mains du chirurgien.

Or, l'inconduite de ces deux hommes mt-ritait d'autant plus le blâme qu'ils étaient mariés, et très heureusement mariés. Pour ne s'occuper que de Le Blanc, l'épouse à laquelle il imposait ses maîtresses, Mmes de Pléneuf et de

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