‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 64 sur 133 · MEURTRE DE GAZA.\ DE LA COMBE 12'J · texte numérisé non relu

MEURTRE DE GAZA.\ DE LA COMBE 12'J

aurait encore reparti celui-ci, mais vous me donnez tant d'ordres, que j'ai oul^lié ce dernier. »

L'officier avait alors demandé au ministre ce qu'il devait résoudre : « Vous en aller : c'est une méprise. » Il ne se l'était pas fait répéter et avait laissé Le Blanc ainsi que La Barre en compagnie du défunt.

Comme corollaire à cette relation dramatique, on rapportait ce qui était advenu auparavant à Mme de Saint- Séran, maîtresse de La Combe.

Elle serait allée supplier le Régent de mettre en liberté son amant, quoiqu'elle eût au fond fort peu à se louer de lui. Le Régent aurait répondu par cette phrase : « On te défera bientôt de ton Gazan de la Combe, et il ne te fera j)lus de mal. »

On remémorait aussi les tribulations de la présidente Ferrand, bas bleu de l'époque à l'esprit incisif, que Le Blanc avait fait enlever pareillement et transporter chez La Barre un beau matin, du temps de l'allaire Cellamare. Il l'y avait interrogée et forcée de jurer sur Dieu et le Roi de dire toute la vérité. Singulière forme de serment, à propos duquel elle avait fait ensuite toutes sortes de gorges chaudes.

On remettait sur le tapis la (juestion des espions du secrétaire d'Etat. La quantité de ceu.\ qui s'avouaient tels ne démontrait-elle pas abondamment à quel point il avait pu abuser de la patience des grands en les soumettant à une surveillance de jour et de nuit et en tirant profit de leurs faiblesses secrètes'?

Bref, il n'y avait qu'un cri contre lui, dans lequel on insistait principalement sur le cas de (îazan de la Combe, dont la veuve n'était point fâchée, assurait-on, de la mort de son mari, parce qu'elle était entretenue par quelque prince de l'Éghse, et l'on chuchotait qu'elle aurait pu être

aussi bien la maîtresse de Le Blanc, qu'il existait dans cet autre mystère d'iniquité des noirceurs semblables à celles de l'assassinat de Sandrier. Après cette première explosion, on avait cherché à pénétrer qui était ce La Combe. Comment et pourquoi aurait-il attenté à sa vie? Et s'il ne s'était pas suicidé, qui pouvait avoir eu intérêt à s'en défaire?

L'un prétendait que La Combe avait intrigué pour l'ambassadeur d'Espagne, les du Maine et leurs complices, qu'il avait été découvert comme tant d'autres, qu'on l'avait arrêté, commencé son procès, qu'il en avait perdu la tète et s'était pendu de ses mains.

Un voisin du premier certifiait avoir entendu dire qu'un seigneur, ami du Régent, était amoureux de la même femme que La Combe; que, cette femme ne voulant point écouter l'ami de Philippe d'Orléans, ce seigneur l'avait dénoncé comme ayant participé aux manœuvres des Espagnols; qu'on avait enfermt' La (^ombe contrairement à l'avis du Régent, qui eût voulu qu'on l'expédiât incontinent dans l'autre monde; (|ue la tristesse de la prison, le chagrin, la crainte avaient préparé ce (jue ses ennemis souhaitaient le plus, soit qu'il abrégeât volontairement la durée de ses jours.

Certains, par contre, dont étaient les gens de la cabale, montraient La Combe comme un prisonnier d'État arrêté et étranglé sur l'ordre du Régent. A leur sentiment, on ne pouvait en rendre responsables ni Le Jilanc,niLa Barre, qui auraient uniquement obéi à la volonté de leur maître. La seule faute qu'ils eussent commise, toujours à leur idée, avait été de ne j)as transférer La Combe à la Bastille pour l'occire, puis(|u"ils y étaient décidés, qu'entre ses quatre murs formidables tout demeurait secret et qu'il n'v avait point de procès-verbal à dresser, ni de lieutenant criminel,

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