AUTRE ASSASSINAT
ni de procureur du Roi à y convoquer, comme cela se produisait en cas de mort d'homme en la maison d'un particulier.
Mais l'immense majorité tenait à son idée du début et ne voulait voir en tout cela que la main de Le Blanc. Pour eux La Combe avait été simplement étranglé afin de satisfaire à quelque rancune personnelle du ministre, rancune provoquée par de basses trahisons de femmes. Ceux-là réclamaient à hauts cris la punition innnédiate de Le Blanc, comme de ses subordonnés, et bien d'autres qui jusque-là s'étaient prononcés pour les mesures de douceur firent chorus avec eux, quand on eut rattaché aux incriminations précédentes celle du meurtre d'un charretier en service chez un fermier de La Jonchère, tout semblant en effet démontrer que cet autre crime dérivait de l'assassinat de Sandrier.
Cet honmic avait été relevé assommé, un soir de septembre (il 22). à la fin des vendanges, aux portes mêmes de la Malmaison, sans (ju'il lui fût rien volé, sans (ju'on lui sût d'ennemis particuliers. Sa mauvaise étoile, pensa-t-on (te suite, l'avait conduit très malencontreusement au lieu oii les sicaires de Le Blanc dé[)échaient Sandrier. Après l'avoir reconnu sur le moment, ils l'avaient épargné pendant quelque temps, pour ne pas trop éveiller l'attention sur leurs premiers forfaits, puis l'avaient fraj>pé à son !our. (juand ils avaient cru pouvoir compter sur l'inipunité. Mais là encore quels étaient les assassins?
Les soupçons s'étaient portés aussitôt sur le concierge de Vaucresson, Lenq)erour, ainsi que sur ses deux fils. On avait ajouté à leur nom celui d'un nommé Daupliiné, paysan du même lieu. Ils avaient été appréhendés et conduits à la Bastille, connue nous l'avons déjà dit. Habile-
ment retournés par d"Ombreval, ils avaient à moitié confessé que le charretier en cause avait péri de leurs mains, en se défendant d'avoir touciié à un seul cheveu de la tête de Sandrier. Rien n'interdisait de croire néanmoins qu'ils feraient des aveux plus complets le jour où ils seraient en face du tribunal.
Les partisans de M. le Duc avaient également tiré grand parti de l'arrestation d'un sieur Menque, chef des espions de l'ex-ministre. Il avait soudainement disparu de Paris après la tentative d'assassinat dirigée contre La Guillonnière. Il s'était enfui à Marseille, où il allait s'embarquer pour Constantinople, lorsqu'un lin limier de d'Ombreval l'avait happé au passage. On l'avait ramené à Paris, où on disait de lui, à l'instant, tout le mal imaginable, mais pas davantage vraisemblablement qu'il n'en méritait. On le prétendait grand ami de La Barre et de du Chevron. La Barre l'aurait notamment caché chez lui quand on le recherchait^ puis aurait facilité sa fuite. On assurait que, fils d'un conseiller au parlement ou d'un maître des comptes d'Aix en Provence, il s'était adonné au mal dès sa jeunesse et (ju'il avait essuyé un jugement infamant dans sa province. De là, il était venu à Paris faire le métier d'escroc. On lui avait beaucoup pardonné, parce qu'il avait su très parfailemeiit éclairer les grands du jour, le Régent entre autres, sur les mouvements de leurs compétiteurs en allaires d'État. En un mot Menque était bien un espion et le plus redoutable des gens de sa profession. Yillars, du reste, le jugeait plus mal que iiarbier ou n'importe quel autre des contemporains. Il stigmatisait sa conduite et celle du ministre (jui l'avait couvert si longtemps de sa protection.
11 écrivait en parlant de son arrestation : « On n'aurait pu du meilleur cœur excuser M. Le Blanc d'avoir entre-