MQ MADAME DE PRIE
fort brutaloment sans (jiiil eût ou aucune connaissance de ce qui se tramait. Il avait versé d'abondantes larmes à son départ. Peut-être s'attendrirait-il à son retour. Peutêtre la puissance du souvenir agirait-elle assez en son esprit pour y contre-balancer l'influence dominatrice de son mentor actuel.
De toute façon, l'expérience pouvait se tenter. Elle fut décidée.
Pour gag-ner les bonnes grcàces du jeune monarque, on avait tout bonnement à exploiter son amour, de la chasse. Personne n'était plus en place pour le lui procurer que M. le Duc. Ses forêts de (^hantillv, d'IIalatte abondaient en c^ros gibier, tandis qu'il commençait à manquer à celles des environs de Versailles, où il avait été trop constamment traqué. Les équipages de M. le Duc jouissaient d'une réputation quasi européenne. Il était lui-même l'un des premiers veneurs du rovaume. Le Roi 1 a\ait expérimenté en suivant avec lui ses laisser-courre dans ses bois (U' Vanves et de Clamart. En proposant à Louis XV de consacrer les mois de juillet et d'août k (Ibantilly, on allait au-devant de ses plus ardents désirs.
En fait. l'olIVe fut aussitôt acceptée que formulée, et la joie du lloi en fut telle (juil ne cessait d'v penser et d'en parler à partir de ce momenl.
On écrivait au milieu de mai : « Le Roi a résolu d'aller à Cbantillv chercber M. le Duc pour chasser à son aise. Il veut partir le 28 jnin, ()n lui en a remontré l'embarras du quartier des ofliciers (jui linit deux jours après. Il s'en est d'abord moqué, mais il a (ixé le 30 comme jour du départ. Il ne dit pas conil)ien de temps il y sera. Il dit en riant (piinze jours moins deux mois, « puis j'y serai tant « que je m'y trouverai l)ien ».
Cette heureuse (b'-lerininalion présentait deux avan-