‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 7 sur 133 · X MADAME DE PRIE · texte numérisé non relu

X MADAME DE PRIE

De tous les princes il était le seul qui fût à Versailles le soir précédent, à l'heure où le Régent expirait.

Il se trouvait, à cet instant môme, dans l'appartement de la marquise do La Vrillière, femme du sous-secrétaire d'État aux affaires de l'intérieur, avec Mme de Prie, qui était accourue les prévenir en hâte. Ces deux femmes l'avaient conduit aussitôt jusqu'à la porte du cabinet du Roi, en dépit de son trouble et de sa résistance. Il hésisait à entrer; elles l'y avaient poussé.

Une fois en présence de Louis XV (alors âgé de treize ans), il lui avait annoncé le décès du duc d'Orléans, tout en lui demandant le poste vacant. A quoi le Roi, sans s'émouvoir autrement de la mort de son oncle, avait donné son assentiment, après avoir simplement consulté du regard son précepteur, l'évèque de Fréjus, depuis cardinal de Floury, qui était seul dans la chambre et avait tacitement acquiescé.

M. le duc de Bourbon s'était alors empressé d'en faire expédier le brevet par La Vrillière, puis de prêter serment suivant la formule récitée quatre mois auparavant par le duc d'Orléans défunt et que le même La Vrillière portait constamment dans sa poche, prête à toute éventualité.

Pendant ce temps, l'unique personnage qui eût pu disputer à M. le Duc ce poste si considérable, le duc de Chartres, fils du Régent, s'attardait à Paris, à l'Opéra, auprès de la demoiselle Quinault, si l'on en veut croire les mauvaises langues. Il avait été prévenu sur le tard, avait fait seller des chevaux en toute hâte et était arrivé à Versailles bride abattue. En descendant de carrosse il n'y avait vu nulle foule, mais les seuls ducs de Noailles et de Guiche, qui lui avaient offert très ouvertement leurs services et tout ce qui pouvait dépendre d'eux. Il les avait

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