INTRODUCTION XI
reriis comme des importuns, s'était presse de s'en défaire, puis de monter chez la ducliesse d'Orléans douairière, où il avait dit qu'il avait rencontré deux hommes qui avaient voulu lui tendre un hon panneau, mais qu'il n'avait pas donné dedans et qu'il avait bien su s'en défaire. De là il était monté chez le Roi. mais M. le duc de Bourbon en sortait, son affaire conclue, et il ne put qu'y demeurer deux ou trois minutes silencieux et comme stupide,sans avoir proféré ni un regret ni une protestation.
Enfin, le surlendemain de cette grande opération, M. le Duc recevait les ministres étrangers, après avoir pris possession de tous les registres et papiers d'État de son prédécesseur.
C'est à cette audience que l'ambassadeur déjà cité faisait allusion quand il dépéchait à Venise un autre courrier porteur des explications suivantes.
« Le duc de Bourbon ne perd pas de temps à s'assurer du pouvoir. Il s'est emparé des papiers du Régent et a reçu les compliments des ministres, ce dont je sortis on ne peut plus satisfait de son accueil et de ses paroles ol)ligeantes.
« J'estime que si ce prince n'a pas le talent et la fertilité d'intrigue du duc d'Orléans, il a plus de sincérité et qu'on doit plus se fier à sa parole. Peut-être aussi possèdet-il plus de suite dans sa façon de se conduire. Monseigeur le nonce Maffei et beaucoup d'autres ministres que je vis à Versailles sont du même sentiment. Le Duc en a fourni des preuves lorsqu'il s'est si souvent opposé au Régent afin de protéger les personnes qui lui étaient attachées.
« S'il est quelque chose à redouter chez ce prince, c'est son amitié trop condescendante pour la marquise de Prie, dame de condition, mais intrigante et cupide, qui depuis