LE CONSEIL DU DUC D'ORLEANS. — SON ACTION
heurté. Ils créaient et entretenaient ces fluctuations d'opinion auxquelles nous faisions allusion à l'instant.
Ils fomentaient la rébellion sournoise ou déclarée contre le gouvernement et ne réussissaient que trop parfaitement à tout mêler et embrouiller.
Mme de Prie en avait des témoignages journaliers, grâce à ses rapports de police.
Elle apprenait successivement qu'on circonscrivait Louis XY et qu'on exhortait l'évèquedeFréjus à la lutte. Auprès de ce dernier notamment, on faisait valoir les manques de parole de M. le Duc. Ne s'élait-il pas engagé à ne plus jamais attenter h la liberté de tant d'hommes de valeur, Le Blanc, Belle-Isle ou autres? Qu'avait-il fait au lieu de cela'? Il avait subitement adopté des décisions tout opposées, sans songer seulement à pressentir le précepteur de Sa3Iajesté. N'était-ce pas cependant matière de la dernière importance? 31. le Duc ne compromettait-il pas en tout ceci le salut de l'État pour plaire à une femme perdue, à des manieurs d'argent déconsidérés? Et (|ui donc l'arrêterait sur le chemin de sa propre ruine, concluait-on, si ce n'était ce même évê(jue de Kréjus?
Ses policiers lui faisaient savoir aussi que <h'ux ducs dont on taisait les noms, mais qui tenaient à la cour un rang distingué, avaient parlé hautement en faveur de Le Blanc. Ils avaient même été, afiirmait-on, jusqu'à présenter un placet au Roi « où ils exprimaient leur conviction avec une fermeté qui étonnait ».
La cabale, paraft-il, menait grand bruit de l'arrestation d'un sieur Du Lac, qui avait été passablement maltraité par les archers. Comme il vovait qu'on voulait le prendre, il s'était laissé glisser avec des draps d'un second étage où il demeurait, rue de Chaillot, à un premier étage d'en dessous. 11 s'y était barricadé, et (juoi([u'il eût été obligé