MALADIE DE LE BLANC 1G
tille, Hermant, en observation auprès du prisonnier. Quelques jours plus lard, le gouverneur écrivait : « Le médecin a vu la jiersoHiw à soigner. Les mêmes mouvements d'étourdissement et de faiblesse ne se sont pas reproduits, quoiqu'il en ait eu quelque ressentiment, avec un vomissement. On prend toutes les précautions nécessaires pour empéclier le progrès de cette indisposition, non seulement par les remèdes convenables, mais encore parla bonne nourriture qu'on a soin de lui faire donner.
A la même date on ajoutait un second serviteur à celui qu'il avait eu dès son internement, ce qui ressemblait peu, il faut l'avouer, au traitement inlmmain dont on soutenait qu'il était l'objet.
On se conduisait avec la même douceur envers les autres détenus, notamment des Belle-Isle, dont on accueillait avec complaisance toutes les réclamations.
Or celte condescendance de l'administration de M. le Duc devait être fort mal récompensée.
D'Ombreval avait eu vent depuis quelque temps des nouveaux complots qui s'ourdissaient en fayeur de l'ancien ministre. Il avait su qu'un certain abbé de Boismorand avait juré, au cours d'une partie de brelan cbcz des gens de qualité, de le délivrer un jour ou l'autre. En elfet, on interceptait, une semaine plus tard, un billet (|ue ledit abbé avait confié à un fournisseur du château pour le faire tenir au prisonnier, et oii il annonçait un Iiomme de lettres exercé, dévoué à son service et à celui de ses amis, prêt à tout entreprendre pour leur justification.
Cet abbé était une sorte de fou, joueur et buveur, mais il possédait des attaches un peu dans tous les mondes, et ces excès de langage n'étaient pas [)ar cela même à dédaigner.
La même surveillance exercée par le gouverneur avait
fait surprendre une autre intrig-ue mieux agencée. Deux soldats de la compagnie franche de la Bastille, La Joie et La Fleur, avaient été, semble-t-il, corrompus par un chevalier de Frasant se donnant pour La Jonchèrc, qui leur avait compté mille écus, à condition qu'ils s'emploieraient à facihter l'évasion des prisonniers. Il y avait bien làdedans des dessous qu'on ne voulait pas éclairer. On ne disait pas ce qu'était ce clievalier de Frasant. On ne nommait pas les prisonniers qu'il voulait sauver ni de quels moyens on se serait servi pour les sortir de la Bastille. En tout cas la tentative n'était pas douteuse. On s'était emparé de ces hommes, on les avait cassés en tête de leur compagnie et internés sans plus attendre.
D'autre part, d'après les dires de ceux qui se prétendaient bien informés, M. le duc d'Orléans s'était vanté hautement de forcer la main à yi. le Duc et d'apporter une fin à la longue torture des prisonniers, le Roi ne pouvant refuser cette grâce à la nouvelle duchesse d'Orléans.
La raison de tous ces mouvements était palpable. Mme de Prie et son prince avaient sous les yeux une preuve de plus que jamais la cabale ne consentirait à pactiser de bonne foi avec eux . Elle les poussait encore aux mesures extrêmes. Ils les adoptèrent sur-lechamp .
Le 17 juillet le, beau-frère de Sandrier, ce Fontenay, receveur général des finances de Flandre, qui avait déjà eu maille à partir avec la police de d'Ombreval au sujet du billet du chevalier de Belle-Tsle à La Jonchère, Fontenay était arrêté et dirigé sur la Bastille sans qu'on en dît le sujet.
La Gazetti' de Hollande certifiait cependant, au bout de la semaine, que l'assassinat de Sandrier était entièrement prouvé, qu'il avait été commis par trois soldats