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PREMIERS DEBATS DE L'AFFAIRE LE BLANC

Bref chacun s'accordait à r(>coniiaîlrc (juc c'était une affaire de la plus liante importance, dont il sortirait, augurait-on, des événements de nature à dépasser toutes les prévisions.

Les partisans de M. le Duc en flétrissaient d'autant plus vivement la cop-'uite de l'ancien ministre, sans lequel, prétendaient-ils, la paix du royaume n'aurait pas été troublée à l'intérieur. A cela les amis du Palais-Royal répondaient en proclamant l'innocence de Le Blanc, et en accusant le duc de Bourbon de chercher à ce malheureux une mauvaise querelle, pour mieux déguiser ses intentions ^■éritables, qui étaient de décrier la maison d'Orléans, de rendre la mémoire du Régent odieuse, en dernier lieu de faire mépriser son fils.

Quoi qu'il en fût, les convocations ayant été décidément distribuées pour le 8 janvier, les chambres se trouvèrent assemblées dans la matinée de ce jour, sous la présidence de Portail, ([ui prononça quelques mots au commencement de la séance.

Il recommandait aux juges un secret absolu touchant leurs délibérations, secret qui fut si religieusement tenu (jue rien n'en transpira au deliors.

Le président donna ensuite connaissance à l'assemblée des termes du rapport du procureur général, Arnauld de Bot'xe. Elles concluaient à ce (|ue le ci-devant secrétaire d'État h la guerre fût décrété. Elles rerurent un accueil glacial de l'assistance, ce (|ui n'avait d'ailleurs rien cjui dût étonner quand on examinait la composition de celle-ci.

Les parents et intimes de Le Blanc en formaient les deux tiers. Les évèques de Sarlat et d'Avranches, ses frères; le maréchal de Bezons, son beau-frère; le chevalier Le Blanc, son fils, d'autres nuMubres « s'v offraient aux yeux en suppliants, a dit un témoin, de manière

à toucher les cœurs de ceux qui étaient en place ».

Mais surtout la présence de M. le duc d'Orléans et du prince de Conti à leurs côtés faisaient plus encore que Pexcès de leurs démonstrations de sympathie à l'égard de l'accusé. Car on répétait dans les rangs que M. Le Blanc était bien vraiment la victime de l'esprit de parti; que M. le Duc l'abandonnait par rancune à la rigueur des lois; qu'il était très honorable, en présence de cela, à M. d'Orléans, d'accourir au secours d'un ancien serviteur et favori de son père, que sa conduite serait universellement louée, etc.

On regardait au contraire avec défiance les pairs du royaume du parti de M. le Duc, que ce prince avait cru bien faire en envoyant siéger au parlement, à son défaut et au défaut de ses frères, le maréchal de La Feuillade, Villars, qui y fut seulement en passant, les ducs de Brancas et de Riclielieu.

En sonmie, les gens impartiaux pouvaient déjà juger jusqu'à quel point la pression sur le jugement futur, qu'elle vint du peuple, induit en erreur, ou du parti d'Orléans, était évidente.

Le 9, on avait entrepris la discussion de l'affaire de neuf heures à midi. Les amis de M. le Duc y assistaient la veille.

Seulement tandis que l'entrée de 3L\L d'Orléans, de (^onti et de leur suite était saluée d'un long murmure d'approbation, la leur soulevait une sorte de risée insultante.

L'audience terminée, chacun avait eu son mot pour les blâmer. On s'était surtout diverti de M. de La Feuillade. « Au moment où on venait de s'assembler, les gens de robe avaient, parait-il, été tout surpris de voir des gens d'épée de la compagnie à M. le Duc se lever et s'en aller, mais parmi eux principalement certain maréchal plus

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