épilogue: de l'affaire le blanc I
(•lienets, disposont des empires lorsqu'ils rappelaient le vieux souvenir d'une antipathie de fenunes, source des ("ViMiements (jui passionnaient alors l'opinion [)uhli(juc.
Tout cela tenait au prologue suranné dc'sormais oublié de chacun, voire même des acteurs qui y avaient figuré.
A peine si par quelques réticences on y ramenait l'attention du vulgaire.
Le maréchal de Bezons étant venu demander, paraissait il. la sortie immédiate de son beau-frère le lendemain du jour où le parlement l'avait acquitté, M. le Duc lui avait lait répondre « que des considérations d'un ordre assez élev(' pour toucher h la sûreté de l'Ktat. l'empêchaient d'acci'der à sa requête, l'ancien ministre étant retenu jtour des motifs de la dernière conséquence, desquels Sa .Alajesti' se r(''servait de (h'cider en particulier « .
On laissait entrevoir que la captivité' de M. Le l^laiu' pourrait se prolonger bien au delà du terme entrevu, que son cas n'était pas clair, en dépit de la sentence du parlement.
Il suffisait pour le brouiller une troisième fois avec la jnslice, (pi'un fait nouveau se d(''celât au cours des interrogatoires toujours suivis du Iré'sorier La Joncdière.
Et à propos dudit La Jonchèr(\ on faisait sonner bien haut les multi[)les arrestations de la veille, les comparulions de l'infortuné financier devant d'Ombreval, ses défaillances et ses aveux.
On épiloguait bien après couj) sur les (l(M'!ai-at ions f;iites p;ir Le Blanc, en août précédent, devant Millin, le secrétaire de M. le Duc. Divulguées ou publiées, elles auraient, affirmait-on, jeté le royaume entier dans la stupéfaction.
Tout cela était fumée emportée par le vent. Au résumé, en cette occurrence comme en bien d'autres, les petits seuls payaient pour les grands. Le fern)ier de La Jonchère,
Lempereur, qu'on avait accusé de l'assassinat du charretier de la Malmaison, était tiré de la Conciergerie pour aller se faire pendre en place de Grève. Auparavant il avait été fortement traqué par les juges. Qu'avait-il avoué? Bien des choses vraisemhal)lenient, dont messieurs de la Tournelle pouvaient faire tel usage qui leur conviendrait ou conviendrait à leur patron.
D'après eux, Lempereur s'était, paraît-il, déclaré coupable de ce meurtre, mais de son propre mouvement, sans avoir pris conseil de personne, et pour exercer, avait-il dit, une vengeance personnelle.
On l'avait donc expédié à peu près à l'heure où on supprimait la plupart des mesures de précaution jusque-là appliquées aux prisonniers de marque, aux Belle-Isle, à Séchelles, à Conches, qu'on renvoyait prématurément à ses montagnes d'Auvergne; à Le Blanc, qui voyait chaque jour apporter des adoucissements à sa captivité. On faisait plus. .
Dès le milieu d'avril on annonçait la liht'ration procliainc du ci-devant secrétaire d'État et de ceux qu'on avait tenus pour ses complices. Un folliculaire trop pressé certifiait môme ce jour-là que M. le Duc, persuadé de son talent transcendant, voulait l'appeler à un ministère.
Enfin le 12 mai, trois mois après le jugement, comme après trois mois employés à bâtir pièce par pièce le mariage rêvé du petit Roi, quand tout semblait marcher à souhait, que la princesse était trouvée, que du côté de riuMol des Condé on se croyait sûr de l'avenir, ce jour-là on ouvrait les })ortes de la Bastille et de Vincennes aux prisonniers.
Ce jour-là, M. de Maurcpas, sous-secrétaire d'Etat de la maison du Roi et des affaires de l'intérieur, transmettait