‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 89 sur 133 · MISE EN LIBERTÉ DES PRISONNIERS · texte numérisé non relu

MISE EN LIBERTÉ DES PRISONNIERS

l'onlre siiivanl an liculoiiaiil de Launa\ , gouvoriK'ur <lc la Bastille.

« Je vous (Mivoio, monsieur, les ordres du Koi (juc j'ai expédias pour la liberté de MM. Le Blanc, de Belle-Isle, Couches et de Séeiiellcs. Vous savez quelles sont les intentions de Son Altesse Séréuissiuie (le duc de Bouil»on). Elle m'a chargé encore de vous reconnnander que vous eussiez à vous arranger de façon (ju'ils partissent tous dans le môme temps. Je donne avis à M. le maréchal de Bezons par cette lettre, que vous lui ferez remettre, si vous jugez à propos. Je lui mande en môme temps que M. Le Blanc étant envoyé en exil à Lisieux, il peut s'en écarter néanmoins de huit ou dix lieues pourvu qu'il n'approclie point de Paris. »

« Vous pouvez dire à MM. deBelle-Lsle,àqui l'on a fixé Carcassonne connue lieu de retraite, «ju'ils peuvent choisir, au lieu de Carcassonne, quelques-unes des autres terres qui leur restent en Languedoc. Séchelles n'est qu'à dix lieues de Paris. Je crois qu'il fera bien de s'en aller plus loin. Pour Couches, j'ai laissé le nom de sa résidence. Vous le remplirez de quelque maison où il puisse se rétablir. M. le Duc vous laisse le maître de retarder la sortie des uns et des autres, si toutes vos mesures n'étaient pas prises.

« Je suis, monsieur, plus inviolal)lement à vous (jue personne au monde, etc. ».

Un post-scriptum suivait cette lettre.

« M. Le Blanc doit coucher à Bezons. L'intention de Son Altesse Sérénissime n'est pas ([u'il y reçoive de visites autres que sa fille et sa femme. C'est ce que vous direz au maréchal (de Bezons) si vous ne lui envoyez pas une lettre. »

Les instructions de M. de Maurepas, à lui dictées par le

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premier iiiinislre, avaient rté ponctuelleinenl observées.

Le soir du même 13 août 172o, De Launay répondait au jeune et charmant (jeune puisqu'il avait vingt ans: charniant. on sait combien il le futj) sous -secrétaire d'État :

« J'ai vu partir hier M. Le Blanc à huit heures du soir. M. d'Avranclies, son frère, le marquis de Tresnel, son gendre, l'étaient venus chercher à cinq lieures dans un carrosse à six clievaux. Mais j'ai appris qu'ils comptaient le faire passer par la ville de Paris, ce qui m'a déterminé à ne les laisser partir qu'à huit iieures du soir.

« J'ai fait partir M. de Séchelles à neuf heures. Je lui ai [)rocuré une chaise de poste avec un liomme pour le conduire. »

Quant au marquis et au ciievalier de Belle-Isle, si le gouverneur de la Bastille était muet à leur sujet, les gazettes se cliargeaient d'informer le public qu'ils avaient quitté leur prison dans le carrosse de M. d'Ombreval, qui les avait accompagnés jusqu'à Ciiarenton, où il leur avait compté deux mille livres par ordre du Roi pour leur voyage. Ils avaient continui' dans leur chaise jusqu'à Carcassonnc, oii ils avaient, d'après le nouveUiste, un lieu de campagne. De toute façon, ils devaient ne jamais demeurer à moins de cent lieues de la capitale.

(Jonches n'était point sorti, ajoutait-on, à cause d'un violent accès de goutte. Par contre, on savait où il était exilé : àViemie, en Dauphiné. Du Plcssis, qui, connue on l'a vu, était attaché à MM. de Belle-Isle, avait ordre de se retirer à dix lieues de Paris. Le surplus des autres déteims, parmi lesquels Le Vasscur, l'ancien commis de Le Blanc, étaient élargis sans condition.

Enhn on gardait toujours La Jonchère, quoiqu'il n'y eût plus ni de procès ni d'accusés sérieux, mais bien évi-

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