‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 94 sur 133 · C MADAME DE PRIE · texte numérisé non relu

C MADAME DE PRIE

lu.une par un coup de foi'liinc. Elle méritait de figiirer sur la lislr (juOn soiinictlail cliaqiie jour à Mme de Prie.

X'aiichoux ly avait inscrite. Ou ne lui eu avait d'al)ord concédé quune place bien humble. Mais cette infériorité avait peut-être plus servi à sa cause qu'une renommée tapageuse.

Stanislas avait de bons répondants en Alsace : lemaréclial du Bourg-, qui était des vieux amis de la marquise ; le cartlinal de Roban. dont l'âme de courtisan ne tardait pas à d(''mèler les espérances qu'on pouvait fonder sur la fortune du prince émigré.

Chacun de ces^ liommes l'avait représentée telle qu'elle était, simple, honnête, instruite, d'un physique ordinaire, mais plutôt avantageux par certains airs de noblesse et de bonté.

Mme de Prie avait pu penser, si on veut voir ses sentiments en beau, que la p.rinces!>e de Pologne serait capable de faire le bonlieur de son amant; qu'elle ne serait })as en même temps trop inhumaine à l'ancienne maîtresse; si on ^ellt la taxer d'ambition, qu'elle s'emparerait aisément de son esprit. Elle s'en était souvenue au miheu de tous ces projets d'union pour M. le Duc, q^u faisaient succéder Mme de Modène à une primcesse russe et celle-ci aux filles des ducs de llolsliein.

Cette liste épuisée, la favorite avait été conduite à suggérer il Mme la duchesse la possibihté d'une alliance entre son fils et l'héritière de Pologne sans héritage.

M. I(^ Dnc n'v ineltail pas d'opposition ouverte : Stanislas rendait grâces au ciel que sa fille fût distinguée par UjU si puissant prince. Marie n'avait point d'autre volonté que celle de sou père.

Aussi avait-on pressé la conclusion de l'alïaire. Unpoir-

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Irait de la princesse, de la main do (iolx'rl, peintre du premier ministre, avait été expédié à Cliantillv.

On ne voyait plus d'empêchement à l'entente commune. On serait vraisemblablement arrive'' un jour ou l'autre au mariage, sans la dernière orientation de la politique du Palais-lîourbon.

Du moment oli il s'agissait de l'établissement du Koi, tout autre desideratum s'eiraç^-ait devant uu événement de cette eoaséquence.

Il n'était [)lus dès lors question de marier M. le Duc. On re})ortait c(>tte opération à une éj^oque indéterminée, ce qui faisait que Mme de Prie reprenait provisoirement l'entière possession de son amant.

Mais Marie Lt'czinska, vers laquelle on ne s était tourné qu'à la dernière extrémité quand on parlait de M. le Duc, et à qui personne n'aurait osé penser précédemment en vue du mariage du Koi, Marie Leczinska demeurait par la force descirconstances, relativement à Louis XV, dans la situation oii elle s'était trouvée relativement au ministre. Elle avait fini par être mise en avant à la cour tle \'ersailles, parce qu'à force de passer de pi'incesse en pi'incesse, on en était arrivé à ce point de ne plus voir qu'elle comme convenable pour ce jeune Uoi. En elfet, les rapports reçus sur la princesse de H(\sse-Hli(ùnfels, ([ui faisait en dernier lieu concurrence à la princesse de Pologne, ne lui étaient nullement favorables. On la disait une jeune personne p«u aimable; de [)lus. [)ar le fait de son âge de treize ans, elle menai^-aitde prolonger l'attente de la France.

Cettedisette de princesses avait suggéré l'idéede jefcerles veux SU.V deux fillesde sang- royal, deux sœurs de M. le Duc : Mlles de Sens et de Yermandois. Mlle de Sens avait vingt ans. Fille éttù-t belie. M. le Duc,, disait le nouvelliste, en

faisant sa sœur reine, se serait bien vengé du duc d'Orléans. Un autre ajoutait : « Il serait beau à M. le Duc de se faire beau-frère du Roi. C'est un coup de partie pour se soutenir. » Mais, toujours d'après eux, personne n'en voulait, M. le Duc lui-même ne semblait pas désirer une pareille alliance. D'une part il était malaisé, même à ses propres yeux, que le Roi épousât une de ses sujettes. Et d'autre part, s'il y eût aidé, il se serait exposé à voir Mme la Ducliesse, sa mère, prendre un ascendant trop considérable sur leur frère par l'intermédiaire de cette fdle et pour contrecarrer ses projets.

Des considérations identiques avaient fait abandonncila candidature de Mlle de Yermandois, plus àg"(''e de quatre ans, mais infiniment plus séduisante, avec des qualités supérieures d'intelligence et de cœur. Mme la ducliesse régissait totalement cette princesse au fond du couvent oii elle avait fui le monde, où elle s'était éprise de religion, où elle n'avait toutefois pas endossé l'babit, parce que sa mère ne l'avait j)as voulu, la réservant vraisemblablement pour quelque illustre union. On avait plus sérieusement pensé à elle qu'à Mlle de Sens. « On parle beaucoup de ce mariage, relatait l'ambassadeur vénitien, à tel point que le nonce ^Fadei crut devoir en touclier un mot à l'évêque de Fréjus, qui refusa de s'cxj)liquer, ce ([u il a int('r})rélé dans le sens d'un clioix de ce côté. » Comme Maffci, bien des gens à Versailles avaient estimé à un momcMil l'arrangement conclu, surtout lorsqu'on eut ajipri.s (juc Mme la ducliesse et la favorite s'étaient rendues auprès de la princesse à l'abbaye de Fontevrault, près Tours. Mais ils n'avaient pas tardé à être détrompés. En effet, la semaine (|ui avait suivi leur départ, on apprennit l'insuccès de cette démarcbe. On l'attribuait d'ailleurs à Mme de Prie. Au fait, à qui l'attribuer?

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