PREMIERE PARTIE
vous nie tendîtes votre main ; je la pris avee un religieux respect, mêlé d'amour et de reconnaissance, et m'engageai devant Dieu à vous aimer, à vous servir. Kn votre àme et conscience, ai-je failli à mes engagements ? •>
A ces mots, M. de Houèvres s'interrompit comme pour laisser à sa femme le temps de répondre. Arabelle se tut ; il reprit :
Vous, cependant, vous m'avez trompé.
J'avais fait de vous ma compagne; vous ave/ fait de moi votre maître. A la franchise ef à la loyauté, vous avez préféré l'hypocrisie et le mensonge; substituant ainsi aux vertus de l'égalité tous les vices de l'esclavage, vous vou*. êtes abaissée au plus lâche, au plus vil, au plus honteux dc^ adultères. En revenant sur te passé, à présent que j'en ai la clef, j'y trouve à chaque pas les traces de vos ruses et de vos perfidies ; j'y vois par combien de détours vous avez abusé de mon aveugle confiance, et je me demande avec un douloureux étonnement comment deux jeunes cœurs ont pu se soumettre à de si infâmes manœuvres ; je doute ou je m'indigne que l'amour, ce rayon de Dieu, ait pu descendre un seul instant dans cet abîme de basses trahisons. Quoi ! durant des mois entiers, qui sait ? durant (]o> années peut-être.
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vous vous (Mes joués de cet homme qui vous aimait tous deux et vous respectait à ce point qu'il eût craint de vous outrager par l'ombre d'un soupçon jaloux î Quoi! vous, jeune homme, qui me serriez la main et que j'appelais mon ami! Quoi! vous, vous, Arabelle !... Ce qu'il est révoltant d'entendre, mais ce qu'il faut pourtant oser dire, c'est que, pour mieux me tromper sans doute, vous nous avez trompés tous deux. Si, comme je veux le croire pour l'honneur de monsieur, vos complaisances n'étaient qu'un artilice de plus, je dois convenir, madame, que vous jouez bien certaines comédies.
— Assez, monsieur,"assez^ s'écria M. de Peveney en se levant; vous oubliez que vous êtes chez moi et que vous outragez une femme.
— Je comprends, répliqua M. de Rouèvres toujours avec le même sang-froid , que vous rougissiez à ces mots, vous de honte, et vous de colère; moi-même je sens mon cœur soulevé de dégoût. Vous me rappelez que je suis chez vous, monsieur de Peveney; permettez-moi de vous faire observer qu'à quelque point que je m'oublie, je n'userai jamais sous votre toit d'autant de liberté que vous en avez pris sous le mien, •le n'outrage personne, monsieur. Si les amants