CHAPITRE TROISIÈME
ranéantisaemeAl de la pitié ; c'en eat fait de votre empûre ^ la féiiocité règaet, c'en e&t fait de votre de&tinée si vos pleura coulent en vain. Défendez la reine par toutes les armes de la nature ; allez chercher cet enfant qui périra» s'il faut qu'il perde celle qui Ta tant aimé ; il sera hientât aussi lui-même un objet importun, par rinexprimabk intérêt que tant de malheurs feront retomber sur sa tète ; mais qu il demande à genoux la grâce de sa mère ; Tenfance peut prier, Tenfance s'ignore encore.
« Mais malheur au peuple qui aurait entendu ses cris en vain I nudheur au peuple qui ne serait ni juste ni généreux 1 ce n'est pas à lui que la liberté serait réservée. L'espérance des nations, si longtemps attachée au destin de la France, ne poAirrait plus entrevoir dans l'avenir aucun événen:eot réparateur de cette généralioe désolée » .
Au moment où retentissait ce cri d'humanité, Marie- Antoinette qui, dès le mois de juillet, avait été séparée du Dauphin après une résistance inutile, fut transférée à la Conciergerie ^, parce que Tarrestation par les troupes autrichiennes des deux envoyés Semonville et Maret donnait lieu de craindre la divulgation des négociations pour la mise en liberté. A partir de cet instant il n'y eut plus d'espoir pour elle, plus de chance de paix avec l'Europe. En quittant Paris, le baron de Staël y avait laissé un agent subalterne, Signeul, qui, sans être reconnu of ficielleiBjHit par le gouvernement suédois, et Jacobin furieux
i BeaaeheBne, Louis XVlly G7-73> 111.
lui-même, resta pendant la Terreur en relations suivies avec Robespierre. Quant à Staël, nous savons par une lettre non datée de sa femme, mais qui mentionne la reprise de Toulon par les Jacobins, le 19 décembre, qu'il était retourné en Suède avec lespoir d'être accrédité comme ambassadeur à la cour de Danemarck. M"*' de Staël, elle aussi, désirait cette nomination : mais elle priait son mari de ne point se mêler des aflaires intérieures de son pays. « C'est quelque chose de pareil au sort de mon père que tu te préparerais», lui écrivait-elle. « S'opposer au progrès des lumières, c'est se perdre ; s'y prêter, c'est mettre son nom à la tête d'une histoire de sang et de malheur».*
Pour la première fois il est question d'aller fonder en Amérique une existence nouvelle et de s'assurer au-delà de l'Océan les biens qu'il importe de sauver avant tout : la liberté, l'amitié et une honorable indépendance. « Un beau climat, de la musique, une société douce et agréable, voilà les seuls biens dont la France n'a pas désenchanté ».
Mais un devoir plus pressant s'imposait, et sous la direction de la fille deNecker, Coppet devint le centre d'une activité incessante qui arracha au bourreau un grand nombre de vies humaines. M"*' de Staël a raconté elle -même comment s'exécutait la chose, et cela dans une lettre à la princesse d'Hénin, qui, restée en Angleterre, combinait ses efforts avec ceux de sa correspondante. On choisissait quelqu'un en Suisse
^ D*Bau88on ville, Le salon de madame Necker, II, 258.