‹ Madame de Stäel et son temps (1766-1817), avec des document inéditsChapitre 124 sur 280 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

JaDTÎer il rencontra à Bade, près de Zt^rich^rambassadeur français «D Suisse, Bartbéleofiy, qui se préparait à ouvrira Bâie les négociations de paix avec la Presse. La Svède aussi s' occupait de l'affaire, qwEBd la nouve!4e des pourparlers entre Paris et Berlin amena l'électeur de Mayence à proposer au Retcfastag de Ralîsbonne de prendre les cours de Copenbagoe et de Steckohlm concm^e médiatrices pour TËorpire. A Berne, Staël eut un long entretien avec Mallet du Pan, auquel il exposa sa politique ; le pubticîste en retrouva les idées fondamentales dans un ffisconrs de Boissy d'Anglas du 31 janvier, où Von réclamait le Rhin, TOcéan et les Alpes, comme frontières naturelles de la France. * Ce n'est qu'en mars 4705 que, SUT Tordre de son gAuvenacment, Staël se Tendit à Paris, où il s'^nt^ndit avec deux membres du Comité de salut public, Tallien et Cambacérès. Il devait tout d'abord venir en aide à la détresse financière de son souverain en demandant à la France de restituer à la Suède l'argent déboursé par elle pour Bes préparSiiïs maritimes. Quant à l'ordre précis de reconnaître la République, il ne l'avait pas.

Les négociations n'aboutirent point, parce que Sieyès, membre du Comité de salut public, voulait, au lieu de Talliance suédoise, une aULance russe. Alors comme jadis Staël résolut d'agir de son propre

* Léouzon Le Duc, Correspondance diplomatique du baron de Staél, introduction. — Mallet du Pan, Correspondance inédite avec la cour de Vienne ^ I, 107, 122 et 143. — Sorel, La paix de Bâle. Revue historique, VI, 76, — * Sybel, Histoire de l* Europe pendant la Révolution française, 111,245.

chef et il déclara à la Convention, dans la séance du 23 avril, qu'il reconnaîtrait la République française au nom de son gouvernement. Le hasard voulut que ce jour là Sieyès présidât l'Assemblée. Deux jours plus tard celle-ci fit un accueil solennel à l'ambassadeur de Suède. Il parut avec une suite de vingt personnes, en grand uniforme, et prenant place., conformément au cérémoniel arrêté, dans un fauteuil en face du président, il exprima l'espoir que laglorieuse France saurait s'élever désoi'mais au-dessus des passions que réprouvent la morale et la philosophie politique, et donnerait à la race humaine le spectacle de l'alliance entre la force et la vertu. « Je viens » , dit il, « de la part du roi de Suède au sein de la représentation nationale de France, rendre un hommage éclatant aux droits naturels et imprescriptibles des nations ».

Le président, qui cette fois était Boissy d'Anglas, lui donna ensuite, au milieu d'une tempête d applaudissements, Taccolade fraternelle, parla sur un ton ^ analogue, et rappela à Staël le fait bien connu de lui | que, même sous Gustave 111, l'ennemi de la liberté, | la Suède avait formé en secret des vœux pour le I triomphe de celle-ci en France. Cette reconnaissance de la République française devait avoir pour consé- | quence pratique la conclusion d'un traité sur la base | de celui de 1793. La France promit de payer immé- j diatement quarante tonnes d'or, et pareille somme quatre semaines après la ratification du contrat par le duc-régent ; en échange de quoi la Suède devait s'obliger par des clauses secrètes à équiper dix fré-

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