CHAPITRE QUATRIEME
duFèrent'ées mois. PuiBayeétaitparvenuàs'échBpper et se remit quelques seinaineB plus tarda la.tôte des cbooans. iLe comte d'Artois se rendit au mois d'août en Angleterre, gagna de là, à bord du «Jason »y la baie de Quiberon, puis Tlle d'Yeu. Gbarette et StofQet, qu'il 'avait déterminés à rompre la paix, Pattendirenten vain à la tête de leurs ffidèles Vendéens. En novembre, le frère du prétendant rentra-an Angle terresans avoir touché lexontinent et abandonna à leur triste sort ceux qui, comptant sur sa parole, avaient repris les armes au mois de mai. C'est ce que Gbarette n'hésita pas à constater. Saignant encore de ses blessures, il fut, l'un des derniers, fusillé à Nantes en mars 1796. *
La seule excuse que Ton peut faire valoir en faveur du prince de la maison de Bourbon, c'est que les chouans n'offraient pas les mêmes garanties que les paysans de Lescure et de La Rocfaejacquelein, et que la guerre contre les armées républicaines était devenue, pour eux aussi, une entreprise de brigandage, de pillage et de destruction contre tous ceux qui ne •se rangeaient pas de leur parti. '
Tandis que sur la côte de Bretagne les bannières royales, teintes de sang, s'affaissaient dans la poussière, le prétendant se décidait en faveur d'une me-
» Toulongeon, Histoire de France depuis 1789, V, 271 et sqq. — Forneron, Histoire des Emigrés^ 11, 99, 155. — André Lebon, L'Angleterre et l'émigration^ 70-71 et 133. — -Albert ûuruy. Une page de la vie de Hoche. Revue des Deux Mondes, juin 1884.
* Mallet du Pan, Correspondance inédite avec la cour de Vienne, 11, 3.
sure qui devait porter un coup plus sensible à sa cause que toutes les défaites matérielles.
Avant l'arrivée à Vérone de Macartney, le 6 août, et pour échapper à l'obligation de tenir compte des décisions de l'Angleterre, Louis XYIII publia le manifeste qui faisait connaître à la nation française ses intentions et qu'il eut soin de présenter comme son œuvre toute personnelle. 11 s'y déclarait pour l'ancienne Constitution française telle qu'elle avait existé avant 1789, et faisait dépendre les futures réformes du maintien complet de l'autorité royale. Les régicides étaient exclus de Tamnistie promise. ' En guise de commentaire à ce texte et pour prévenir toute interprétation atténuante, un des confidents de la cour de Vérone, d'Entraignes, publia une brochure où les constitutionnels étaient mis sur la même ligne que les gens de la Montagne, et qui traitait de régicides, « pires que les Jacobins et dignes de mort n , les députés qui avaient prêté serment dans la salle du Jeu de Paume. D'autres allèrent plus loin encore. C'est ainsi qu'un futur ministre de Louis XVIII, Ferrand, aurait voulu voir Malouet à la potence, pour faire un exemple.
Après cet acte du prétendant^ comparé par un récent historien ' de la Révolution au « gran rifiuto » dont parle Dante, c'en était fait de tous les plans de restauration. La monarchie était devenue imposble.
A part la Bretagne et la Vendée, nul parti en
* André Lebon, V Angleterre et V émigration, 104-133.
* Sorel, préface de Touvrage d'A. Lebon, XIX.