CHAPITRE QUATRIEME
13 VeDdémiaine préparaut à celle du 18 Brumaire. Sous rimpressioii des évéoecueuts, la Couventioc fioîi comme elle avait cottuoencé, par des proscriptîoos. Les léinigrés, leurs prochea, tous ceux qui araleatfait de ropposîtion au cours des élections, en un mot toutes les personnes ouil vues ou gênantes, furent chassées des emplois publics et requises de quitter le pays. On fit aux prêtres insermentés FapplicatioA de toutes les lois dirigées antérieurement contre eux et Ton reprit ainsi la persécution religieuse. La liberté du culte, à peine accordée, avait d^à été retirée quelques semaines plus tôt. ^ Des insorgés condamnés à mort, deux seulement furent exécutés ; on laissa le plus graxid nombre s'échapper, et Bonaparte répondit de la tranquillité de Paris. Mais l'Assemblée qui remplaça la Ck>nvention« dissoute le 26 octobre, était de nouveau révolutionnaire dans sa majorité, par suite du grand nombre de thermidoriens qui passèrent à gauche et du manque de caractère de députés qui, tout en haïssant Robespierre, avaient cependant voté pour lui, comme ils votaient maintenant pour Barras et Sieyës. Elle pat décider ainsi que, pour Caire partie du Directoire, il fallait avoir voté la mort de Louis ÎVl, et le choix tomba sur Sieyès, Rewbel, Barras, La Reveillère et Letoumeur ; le premier n'accepta pas et fut remplacé par Camot.G'est à propos de cette liste que Joseph de Maistre a dit: « Le peuple français acceptera toujours ses maîtres et ne les choisira jamais » . *
* Victor Pierre, La Terreur $ou$ le Directoire.
* Considérations sur la france, 147.
M°* de Staël avait trop clairement prévu le sort de ses amis pour être surprise de celui qu'on lui préparait à elle-même. Tandis que ceux-là fuyaient ouse cacnaient, son mari assistait à la séance de la Convention où l'ancien boucher Legendre lança contre l'ambassadrice de Suède les plus furieuses invectives. Cet ami de Danton, qui avait eu la chance de lui survivre, et auquel la nature avait prêté le don de l'éloquence sans y ajouter le discernement politique, * demanda le bannissement de M™' de Staël, laquelle avait des attaches avec les chefs les plus en vue des sections et les députés qui leur étaient dévoués. Il Taocusa en outre d'agir en faveur des émigrés Montesquieu, Jaucourt, Narbonne et Talleyrand, et la rendit responsable de ce que les journalistes Lacretelle etMarchena, avec lesquels elle était liée, avaient mis en doute la sincérité des sentiments républicains de Sieyès. Son ami CElsner a soin de nous avertir que pareille chose ne se faisait pas impunément. Sieyès, dit-il, savait fort bien que M"™' de Staël était trop peu logique et trop bonne avant tout pour se mêler avec esprit de suite à des intrigues politiques ; mais il n'ignorait pas non plus dans quelle médiocre estime on tenait ses propres idées dans Tentourage de l'ambassadrice de Suède, et il en concluait qu'elle avait elle-même en politique des idées fort étroites. Le châtiment ne se fit pas attendre.
La délicatesse de Sieyès, toujours d'après CElsner, ne pouvait lui permettre d'entrer lui-même en lice contre une dame avec laquelle il avait eu des rap-
* Miot de Mélito, Mémoires, I, 44.