‹ Madame de Stäel et son temps (1766-1817), avec des document inéditsChapitre 87 sur 280 · CHAPITRE TROISIÈME -iSl · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME -iSl

France. Reuterholm, l'ami commun du régent et de Stael,et alors ministre, était la seule personne à Stockholm qui fût au courant de raffaire. Le secret avait, été si bien gardé, que Morris, en décembre, niait expressément la possibilité d*une semblable mission, des négociations importantes, écrivait-il, ne pouvant être confiées à un homme tel que Staël. * Celui-ci, en chemin pour la France, eut à Copenhague une entrevue avec le ministre de, BernstorfF, adversaire de la Russie et partisan, par contre, d'une alliance avec la Suède. Staël s'achemina de là vers Bruxelles ; mais les nouvelles relatives au procès du roi ne lui permirent pas pour le moment de poursuivre sa route jusqu'à Paris. Il était encore à Bruxelles, quand la tête de Louis XVI tomba. Le 12 février, le régent lui écrivit que les horreurs qui s'étaient accomplies dans la capitale de la France avaient révolté à tm tel point l'humanité, qu'une alliance avec cette nation attirerait sur la partie contractante la colère légitime de l'Europe entière. Toutefois, il exprimait le désir de ne pas rompVe les négociations, mais de les ajourner à des temps plus favorables. * '

Staël étaitd'un autre avis. De même que sous Gustave III il s'était mis en travers de la politique de coalition contre la France, il voulut agir de nouveau pour son propre compte. Cette fois, du reste, il était sûr de ne pas trop s'éearter, en agissant ainsi, des

^ Jared Spanks, Gouverneur Morris^ II, 247. ' Léouzoo Le Duo, Correspondance diplomatique du baron de Staël, 255-256.

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véritables intentioas de son maître. A la fin de février il était à Paris.

Il avait eu auparavant un entretien avec Dumouriez, qui voyait dans la mort du roi une tache indélébile pour le pays et un danger imminent pour lui-tnême, mais qui à ce moment, à la suite du remplacement au ministère de la guerre du Jacobin Pache par son ami Beumonville, espérait un revirement en sa faveur. *

Les relations diplomatiques de la République française se bornaient à l'amitié de la régence d'Alger, dont le régime intérieur,commele remarque M. Taine, « était à peu près le môme que le sien ». L'ambassadeur de Suède fut reçu avec distinction par le ministre des affaires étrangères, Lebrun. Sous prétexte que l'Angleterre menaçsdt le commerce des neutres, il réclama des subsides pour la Suède et offrit en échange l'alliance avec la République française. ^ Les pourparlers furent interrompus par les nouvelles reçues de la Vendée et la défsûte de Dumouriez à Neerw'mde, le 18 mars. En attendant, Staël recevait de Stockholm de nouveaux ordres de se tenir tranquille, et le régent répondait aux demandes des puissances sur le but du séjour de son envoyé à Paris, qu'il n'y restait qu'à cause de sa femme et n'avait jamais été accrédité qu'auprès de Louis XVI. '

* Taine, La Révolution, II, 136.

« * Sybel, Histoire de l'Europe pendant la Révolution française, II, 268.

' LéouzoQ Le Duo, Correspondatice diplomatique du baron de Staël, 258.

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