CHAPITRE SIXIÈME
dispersait des troupes d'insurgés déjà prêtes, lors de la discussion du veto^ à marcher sur Ver saules, invita, le 8 septembre, la Commune à réclamer de l'Assemblte une réforme de la justice criminelle ; celle-ci n'ayant pas eu lieu assez vite, à son gré, il réussit à faire suspendre en attendant tous les jugements prononcés *. Il était temps de songera la sûreté du roi et des siens. « Tout est perdu », disait déjà Mirabeau à son ami de La Marck ; « le roi et la reine y périront, et vous le verrez : la populace battra leurs cadavres ». Remarquant l'horreur qu'il causait à son interlocuteur : « Oui, oui », répéta-t-il, « on battra leurs cadavres » ^ Le premier projet de fuite parvint à la reine ; elle devait se réfugier avec ses enfants dans les Pays Bas^ Vers le milieu de septembre, plusieurs députés modérés, soutenus par les ministres Montmorin et La Luzerne, donnèrent au roi le conseil de se retirer avec l'Assemblée à Soissons ou à Compiègne, pour échapper ainsi au voisinage périlleux de Paris*. Louis XVI voyait clairement quelle était sa situation personnelle ; dès le 17 juillet, avant de se rendre à l'Hôtel de Ville, à Paris, il avait fait son testament et réglé ses comptes avec le ciel, parce qu'il croyait être massacré ^ Il possédait en face du dan-
* La Fayette, Mémoires, II, 294-296. — Droz, Histoire de Louis XVI, 11,451.
2 Bacourt, Co?respondance entre Mirabeau et de La Marck^
' Wertheimer, Documents inédits. Revue historique^ II,
* Malouet, Mémoires, I, 339. — Droz, Histoire de Louis XVI,