‹ Madame de Staël et son tempsChapitre 252 sur 298 · II · texte numérisé non relu

II

* Tai ne, La Révoluliony I, 65.

ger ce courage passif qui, s'il avait été uni à la faculté d'initiative, l' aurait sauvé. Neckar raconte que le roi s'endormit ou fit semblant de s'endormir quand ce projet de fuite fut agité pour la première fois dans le conseil des ministres. 11 neTapprouvaitpas, parce que, disait-il, la détresse, la révolte et l'insécurité régnaient dans tout le pays, et qu'en outre les caisses de l'Ktat étaient vides. Dès la fin d'août, Breteuil avait fait proposer à la famille royale comme lieu de refuge la ville de Metz, où Bouille se trouvait avec ses troupes. La Fayette, qui eut connaissance de ce projet, repondit que là aussi il y avait des patriotes et qu'à la rigueur il valait mieux qu'un seul mourût pour tous'. En présence de tous ces plans et de ces avis contradictoires, la cour se contenta de demander à la municipalité de Versailles, par l'intermédiaire du plus énergique des collègues de Necker, le comte de Saint- Priest, de faire venir de Douai le régiment de Flandre pour protéger l'ordre menacé. Ce régiment se composait d'environ mille hommes qui, en les supposant fidèles jusqu'au bout, n'auraient pu en tout cas modifier beaucoup la situation. La destinée voulait que leur rôle fût d'une autre nature. Leur arrivée eut pour conséquence le banquet offert aux officiers du régiment dans la salle de spectacle de Versailles, l'apparition de la reine, puis du roi, la distribution de la cocarde blanche en opposition à celle que le monarque avait acceptée le 17 juin, les ovations enthousiastes à l'adresse de la famille

* Thiers, Histoire de la Révolution française, 1, 109.

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