‹ Madame de Staël et son tempsChapitre 273 sur 298 · CHAPITRE SEPTIÈME bob · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME bob

ment garantis et qui n'avait avec les événements qui se passaient en France que ce point de contact : c'est qu'eue aussi remuait le pays jusque dans ses fondements. Cela suffisait pour que ce mouvement, mené par des prêtres, des nobles et des paisibles bourgeois, ralliât les sympathies de La Fayette et de ses amis, qui se laissaient aller contre toute évidence à l'illusion que cette révolution, commencée en faveur du droit historiquement établi, finirait par s'entendre avec la leur. D'un autre côté, le ministère français commençait également à voir dans la guerre le moyen de se délivrer d'une situation intérieure intolérable. Montmorin, aux affaires étrangères, n'inclinait pas moins à intervenir dans une lutte en faveur de l'Espagne contre l'Angleterre, que La Fayette n'était prêt à tirer l'épée, à Bruxelles, pour son idéal de liberté, à Amsterdam, contre les Orangistes allios à l'Angleterre \ La guerre, qui offrait au gouvernement la chance de retrouver une armée, ouvrait à La Fayette la perspective d'un succès personnel et d'un regain de popularité. Pour les mêmes raisons, les Jacobins jetèrent dans la balance, par tous les moyens en leur pouvoir, l'opinion opposée. Robespierre, à qui la guerre devait donner la puissance, la dénonça en attendant comme une conspiration des rois contre les peuples, et Ton se livra dans l'Assemblée à de grands débats sur le droit de guerre et de paix.

Ils avaient été précédés, en apparence du moins,

* Sorel, L'Europe et la Révolution française ^ II, 54, 61, 93-95.

par un traité de paix, et ce traité avait été conclu entre la monarchie et Mirabeau.

Le comte de Mercy, ambassadeur de l'empereur Leopold à la cour de sa sœur, avait, sur le désir particulier du roi et à l'insu de Necker, ménagé au mois d'avril, à l'aide de La Marck, le rapprochement du tribun avec la cour. 11 était parvenu à convaincre la reine que Mirabeau n'avait eu aucune part aux événements du 6 Octobre ; rassurée sur ce point, l'antipathie de la princesse contre La Fayette fit le reste et triompha de ses dernières hésitations relativement à une entente avec le député d'Aix. Le père de celui-ci, « l'ami des hommes » , était mort à la fin de 1789, sans que cette mort améliorât essentiellement, pour le moment du moins, la situation financière de son fils. Le roi lui fit proposer alors de payer ses dettes, qui se jnontaient à 208,000 livres, et mit en outre 6,000 livres par mois à sa disposition. Le point d'honneur d'un homme intègre se serait refusé à de semblables propositions ; mais Mirabeau se contenta d'affirmer que cela ne changeait rien à son attitude politique, et il accepta. Autant qu'il pouvait le faire sans compromettre sa popularité, il était depuis longtemps le défenseur des prérogatives royales. De La Marck raconte que, plus que le roi, Mirabeau sentait tout ce qu'avait de pénible la situation de celui-ci*. Le monarque, lui, regardait la diminution de ses prérogatives comme un avantage personnel ; quand M""" de

* Bacourt, Correspondance entre Mirabeau et de La Marcky I, 150. — Sorel, L'Europe et la Hévolution française^ II, 39, 46.

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