CHAPITRE II
La position qu'avait su acquérir Necker comme homme d'affaires détermina en 1768 la ville de Genève à lui confier la direction de ses intérêts à Paris ; Necker accepta, ainsi qu'il le dit, en style officiel, dans sa réponse au « Magnifique Petit Conseil », en demandant de l'indulgence « pour ses talents » et en n'acceptant pas de traitement. Le poste en lui-même n'avait pas grande importance ; mais il lui procura son entrée à la cour et des entrevues fréquentes avec le premier ministre Ghoiseul,qui sut l'apprécier et s'attacha à lui. La seule difficulté de Necker à ses débuts diplomatiques fut de modérer le zèle de son gouvernement pour le bonheur de la petite République et de lui faire comprendre que les intérêts de Genève ne pouvaient occuper qu'une faible partie du temps et de l'attention du ministre français. Les occasions de servir sa patrie ne lui manquaient pas, d'ailleurs, et dans la suite il songeait volontiers à cette première situation, comme à celle dont les succès lui avaient