‹ Madame de Staël et son tempsChapitre 86 sur 298 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Pendant que les opoux Necker passaient de l'aisance et de la considération à la richesse, puis à la puissance, pour retomber bientôt dans le calme relatif de la vie privée, leur fille unique grandissait, et sa précoce et vive intelligence laissait prévoir une destinée peu ordinaire.

Anne -Louise-Germaine, dont le dernier nom était un ressouvenir de la vieille patrie allemande et comme un pressentiment de l'avenir, eut une enfance heureuse. La première personne qui, après ses parents, parle d'elle, est sa marraine. M""* de Vermenoux. Pendant un séjour de Necker et de sa femme aux bains de Spa, le centre d'attraction du beau monde au dix -huitième siècle, elle alla voir au château de Madrid, près de Paris, que Necker louait pendant l'été, la petite fille alors âgée de quatre ans, et écrivit à la mère que Germaine avait émerveillé tout le monde. Vers le même temps, M""^ Geoffrin demanda à ses amis Necker la permission défaire porter chez eux une chaise qui lui était particulièrement commode, et de

Page 1