‹ Madame de TencinChapitre 100 sur 200 · Malheurs de l'Amour · texte numérisé non relu

Malheurs de l'Amour

espèce d'attendrissement pour la mère » presque irresponsable, ne serait-ce pas tout à la fois comme un remords furtif et comme un appel à l'indulgence * ? Dans quelques fig-ures épisodiques — auxquelles du reste elle n'a point semblé désireuse de concilier la sympathie du lecteur — on dirait qu'elle s'est sentie plus à l'aise pour y mettre un peu d'elle-même. La rancunière Mme du Boulai, qui a « l'esprit le plus séduisant », dont les « manières adroites lui ont attiré l'estimede ceux qui ne jug-ent que par les apparences », et qui, « maîtresse de ses goûts et de ses sentiments, n'a que ceux qui lui sont utiles », n'est-ce pas Mme de Tencin toute vive ^ ? Voici encore un portrait de la reine Isabelle, qui a été tracé avec une certaine complaisance, parce que l'auteur se mirait dans son ouvrage : « Elle était belle, de cette beauté qui pique plus qu'elle ne touche; les qualités de son âme répondaient à sa figure; elle était plus susceptible de passion que de tendresse, plus capable de bien haïr que de bien aimer, impérieuse, fière, ambitieuse et douce, bonne même, quand son intérêt le demandait. Comme elle était dans la première jeunesse elle paraissait n'avoir du goût que pour les plaisirs ; la coquetterie remplissait son ambition, mais cette coquetterie était encore plus le désir de dominer que celui de plaire * ». Quelques pages plus loin, apparaît une courtisane anglaise, Mme Sterling-, qui ne connaît que « ces sortes d'attachement où le cœur n'a poinlde part », qui se brouille avec ses amants, pour « négocier » plus

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