‹ Madame de TencinChapitre 99 sur 200 · Conesponilance litléraire [103], I, 38o · texte numérisé non relu

Conesponilance litléraire [103], I, 38o

2. C.ï. Viron, Danchel aicx Champs-Éli/sées [S'6 A], VIII, 282:

Vous, dont le pinceau noble et tendre a peint Les Malheurs de l'Amour;

Montesquieu, lettre au comte de Guasco, de 1742, [87], 2o9 : « Je suis lâché de ne pouvoir satisfaire votre curiosité touchant les ouvrages de notre amie; c'est un secret que j'ai promis de ne point révéler ». L'abbé de Guasco ajoute en note : « Le jour delà mort de Mme de Tencin, en sortant de son antichambre, il dit au frère du comte de Guasco, (jui était avec lui : A présent, vous pouvez mander à M. votre frère que Mme de Tencin est l'auteur du Comte de Comminr/e et du Siège de Calais, ouvrages qui ont été crus jusqu'ici do M. de l'ont-de-Vcsle, son neveu. Je crois qu'il n'y a que M. de Fontenelle et moi qui sachions ce secret ».

ciii ne recouvrent aucune confidence volontaire. Elle les a écrits, non pour rendre du lustre à des scandales qu elle eût préférés moins notoires, mais pour faire à sa manière œuvre d'art, pour purifier, en quelque sorte, son passé et reconquérir une certaine estime par le sérieux et la distinction de sa plume. Les amateurs de mémoires g-rivois seront déçus en les lisant.

Elle n'a pas échappé pourtant à la pression de ce passé toujours vivace en elle ; quelques souvenirs personnels émcrg-ent çàet là, d'autant plus précieux qu'ils paraissent plus spontanés, et qu'ils trahissent, pour ainsi dire, son fond : telle allusion discourtoise aux gens du Chàlelet est d'une victime qui a la rancune tenace' ; telle réflexion amère sur ces « ministres plus attentifs à mettre dans les places ceux qui conviennent à leur politique que ceux qui conviendraient aux places », est d'une sœur mal résignée à l'insuccès de son frère ^; certaines ruses d'Hippolyte, qui, pour s'assurer l'amour de Barbasan, arrête au passage les lettres qu'il devrait recevoir, supprime les unes, recachette les autres, trahissent la femme experte en ces opérations^ ; l'accouchement clandestin de Mlle de Mailly, l'abandon de son nouveau-né, au coin d'une rue, la nuit, sont racontés dans Le Siège de Calais avec une sympathie et un intérêt, où la mère, qui fit exposer son enfant sur les marches de Saint- Jean-le-Rond, a peut-être mis quelque chose de son émotion et de ses reg^rets : ce « sentiment de pitié pour la petite créature » ainsi sacrifiée, « cette

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