‹ Madame de TencinChapitre 102 sur 200 · Siège de Calais · texte numérisé non relu

Siège de Calais

dans ses romans sont fort humains, et nullementaccapareurs : supérieures accommodantes, pères abbés attendris et compatissants, relig-ieuses « véritablement raisonnables )), ils n'ont point « la piété cruelle », et se font accepter du lecteur*. Quelques-uns môme, « g-ens d'esprit, qui ont été longtemps dans le monde, et que divers accidents ont conduits dans le cloître », « montrent de la sensibilité » et de la « vraie bonté ■^ » . Ce sont là, sans doute, des hommag-es discrets à quelques-unes de ses anciennes compagnes; et peut-être même se disssimule-t-il quelque reconnaissance personnelle pour une indulgente amie de couvent dans ce jugement de Pauline sur la sœur Eug-énie : « Je lui dois le peu que je vaux: elle m'a éclairée sur la plupart des choses; elle me les a fait voir telles qu'elles sont ; et, si elle ne m'a pas empêchée de faire de grandes fautes, elle me les a du moins fait sentir ' »,

Je ne voudraispas exagérer l'intérêt de ces souvenirs et leur nouveauté. Le couvent était alors — Mme de Tencin nous l'indique elle-même '* — une pièce nécessaire dans la machinerie des romans : il préparait pour les jeunes idylles des âmes naïves et intactes; il ensevelissait dans son silence les amantes malheureuses, à qui des parents barbares faisaient des vocations forcées; il abritait, et tempérait sur le tard, les remords ou les désillusions du cœur.

i.Comminge, 180-1 ; Siège de Calais, 255 ; Malheurs de l'Amour, 311.

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