‹ Madame de TencinChapitre 106 sur 200 · Anecdotes · texte numérisé non relu

Anecdotes

davantag-e par la tristesse qui y était répandue' ». Les paysages où se meuvent tous ces héros si « bien faits » apparaissent rarement, et n'oflVent ni plus de couleur ni plus de variété. Le comte de Gomminge est enfermé par son père « dans un château bâti auprès des Pyrénées (cet aupi^ès n'est-il point admirable?) ; on voit à lenteur des pins, des cyprès, des rochers escarpés et arides, et on n'entend que le bruit des torrents qui se précipitent entre les rochers ». Ceci est le paysage « sauvag-e », qui « ajoute encore à la mélancolie » de l'amant persécuté^. On peut y suppléer, quand on ne demeure pas « auprès des Pyrénées », par « un bois de haute futaie » : « la solitude et le silence qui y règ-nent y répandent une certaine horreur conforme à l'état d'une âme » sans espoirMI y a encore le jardin, moins horrible, où l'amante rêveuse, accompag-née d'un chien, promène le soir sa « lang-ueurnég'lig-ée* » : voilà bien, je crois, les seuls décors qui soient parfois tendus derrière les acteurs. Les fantaisies historiques et archéologiques de Mme de Tencin apportent quelque g-aîté parmi tout cet ennui : plus généreuse que le roi Edouard, elle laisse la vie sauve aux Bourgeois de Calais, qui « reçoivent un traitement digne de leur vertu » ^ Les rudes barons de la guerre de Cent Ans badinent chez elle comme des courtisans de Versailles : ils vont au tournoi avec des devises d'un

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