A Mme la comtesse de Fontaines [34], p. xi
3. Les principaux de ces romans soi-disant « historiques », écrits par des femmes de 1G80 à 1750, sont les suivants : Les Malheurs de l'Amour : Eléonor d'Yvrée, par Mlle Bernard, 1087: Le comte d'Amboise, parla même, 1G89; Histoire d'IlypoHte, comte de Uuglas, par Mme d'Auinoy, 1690; Mémoires de la Cour d'An-
faits », pâmés d'amour aux pieds de princesses « belles et bien faites », des familles rivales qui se refusent au bonheur de leurs enfants, des fièvres de « déplaisir », plus mortelles que tous les poisons, des « forêts aiïreuses » et des « solitudes horribles », où des amants désespérés peuvent promener leur deuil, des Eustaches de Calais qui sont comblés de présents par la reine d'Ang-leterre, et qui marient « magnifiquement » leurs fils, des rois méroving-iens qui ressemblent comme des frères à Sa Majesté très chrétienne* : « Mérovée, dit Mlle de Lussan dans ses Anecdotes de la Cour de Childéric, ce Mérovée, g-rand g-uerrier, grand politique, le prince le plus magnifique de son temps, fit bâtir un palais superbe et des jardins délicieux dans une île de la Seine...; c'était dans ces beaux lieux que Mérovée s'allait délasser de ses soins avec un petit nombre de personnes choisies, telles que ces personnes
glelerre, par la même, 1695; Histoire de Marguerile de Valois, reine de Navarre, sœur de François /"'', par Mlle do la Force, 1696 ; Gustave Vasa, histoire de Suède, par la même, 1698: Mémoires de la cour de Charles Vil, par Mme Durand, 1700; Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut, par Mlle de la Roche-Guilhem, 1702; Le comte de Warwick, par Mme d'Aulnoy, 1703; Anecdotes ou histoire secrète de la Maison ottomane, par Mme de Gomez, 1722: Histoire de la comtesse de Savoie, par Mme de Fontaines, 1726; Anecdotes de la Cour de Philippe-Auguste, par Mlle de Lussan, 1733; Anecdotes de la Cour de Childéric, roi de France, par la même, 1736 ; Anecdotes de la Cour de François /•"", par la mêmci 1748. La contagion était si forte que l'abbé Prévost y céda, et qu'il écrivit, lui aussi, des romans historiques; cf. son Histoire de Marguerite d'Anjou, reine d'Angleterre. 1741.
1. Cf. en particulier, Eléonor d'Yvre'e, Histoire d'Hgpolite, Gustave Vasa, Histoire d'Ëustache de Calais (par Mme de Gomez, 17o7), etc.
LES nOMAXS DE MADAME DE TEXCIX. Vôi
bienheureuses des voyag-es de Marly ' », — « Le règ-ne de François second, écrit Catherine Bernard au début du Comte d'Amboise, semblait dans ses commencements devoir être ag-réable et heureux. La reine sa femme était une des plus belles et des plus spirituelles personnes du monde. Sa cour était composée d'une partie de ces hommes illustres qui avaient formé celle de Henri second, et les dames avaient autant d'agrément que les hommes avaient de valeur. Le comte d'Amboise et le marquis de Jamsac s'y faisaient distinguer; leurs familles avaient toujours été opposées d'intérêt, etc. ^ ». — « Les Annales d'Espagne; écrit Mme de Fontaines, au début de La Comtesse de Savoie, sont remplies des fameux démêlés des Tolède et des Mendoce; ces deux maisons, les plus illustres du royaume, avaient une haine l'une pour l'autre, qui durait depuis plusieurs siècles; et cette haine, en naissant, était, dans leur cœur aussi naturelle que la vie. Leur animosité parut plus vive que jamais dans le temps que Henri I" régnait en France, et que la plupart des provinces d'Espagne avaient leur souverain particulier; celle de Murcie était possédée par les Mendoce. Le chef de cette maison se trouva dans une grande jeunesse, maître de ses actions ; non seulement il était parfaitement beau et bien fait, mais il avait encore toutes les qualités qui font les g-rands héros, etc. ^ ».
1. Anecdotes, etc. Paris, Prault, 1736, 2 vol. in-12. t. I, p. 1-2.
2. Le comte d'Amboise, nouvelle galante, La Haye, de Ilondt, 1 vol. in-12, p. M-2.