‹ Madame de TencinChapitre 112 sur 200 · Histoire Utléraire, etc. [118], III · texte numérisé non relu

Histoire Utléraire, etc. [118], III

LES ROMANS DE MADAME DE TE.NCIX. lo7

dans quelque fête royale, et se sentiront aussitôt irrésistiblement attirés l'un vers l'autre ; ainsi s'étaient renconl rés M . de Nemours et Mme de Glèves ' . L'amant paraîtra dans un tournoi avec les couleurs de sa maîtresse, lui volera son portrait, et « s'en fera aimer malgré elle » ; ainsi avait fait M. de Nemours^. La femme aimée, qui ne se sent point sûre de sa vertu, et qui redoute pour sa faiblesse l'intimité des têtc-à-tcte, prétextera une indisposition, et consignera sa porte; si « son devoir » et « son repos » '^ exig-ent des mesures défensives plus efficaces, elle ira passer l'été « dans une terre de son mari » ; ainsi avait fait la princesse de Glèves *.

Il s'en faut pourtant, et de beaucoup, que Mme de Tencin demeure asservie à sa devancière. En apparence, ce sont les mêmes aventures « de belles personnes et d'hommes admirablement bien faits ''' », qui, les uns et les autres, « ne peuvent se défendre de tant de charmes®»; c'est la même technique, la même façon sèche et brève de conter, la même multiplicité d'histoires, qui s'enchâssent les unes dans les autres ; et néanmoins de La Princesse de Clèves aux Malheurs de VAînour, il y a une orientation nouvelle de l'art ; et

1. Malheurs de l'Amour, 365 ; cf. Princesse de Cléves [32], II. 36-7.

2. Anecdotes, 459; Comminge, 136; cf. Princesse de Clèves [32j, II, 105-7.

3. Comminge, 162; Malheurs de l'Amour, 414; cf. Princesse de Clèves, id. 122, 191.

4. Siège de Calais, 189, 199 ; cf. Princesse de Clèves, id. 142, 206.

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