‹ Madame de TencinChapitre 115 sur 200 · Cf. Bibliographie, n · texte numérisé non relu

Cf. Bibliographie, n

2. Laporte [118], III, 273; Prévost, Le Pour et le Contre [SO], XVII, 77; La Harpe [135], VII, 306, regarde aussi le Comte de Com- )ninf/e « connue le pendant de La Princesse de Clèves ».

3. Histoire d'Euslac/ie de Saint-Pierre au Siège de Calais, par Mme de Gomez, 1757; Le Siège de Calais, tragédie nouvelle, par M. de BcUoy, 1765 ; Les Décius français ou le Siège de Calais, par M. du Rozoy, 1765 ; cf. Grimm [103], VI, 203-4.

4. Les Amants cloîtrés, dans la Septième partie des cent nouvelles nouvelles de Mme de Gomez, t. IV, Paris. Jovy. 1737, in-12; cf. encore « l'héroïde» de Dorât [H3J et le « drame » de Baculard d'Arnauld [113 bis], avec leurs gravures d'Kisen et de Kestout; l'esquisse de Deshays au Salon de 1705 [114 A], 28n-fi; etc. — On sait que Scribe s'est souvenu de la dernière scène du Comminge dans le 4e acte de La Favorite (1840).

riches en tournois, duels, assassinats, enlèvements nocturnes, substitutions, reconnaissances, accouchements clandestins, pour le tenir en haleine, et pour lui donner de loin en loin la palpitation d'angoisse, le petit frisson délicieux, qu'on exige aujourd'hui d'un feuilleton selon les règ"les. Il s'y mêlait aussi un autre plaisir. Sans être g-rivois, ils parurent voluptueux; et dans le public, qu'avaient charmé les trois chastes et très idéalistes récits d'une La Fayette, d'une d'Aulnoy ou d'une Lussan, ils firent quelque scandale : les critiques d'alors reprochèrent au Siège de Calais « d'avoir quelque chose d'un peu contraire aux bienséances », de (( peindre la passion avec trop de licence » et de se complaire dans « des imag-es de volupté, où la pudeur, ménagée avec art, n'en est peut-être que plus blessée* ». A vrai dire, le grief ne vaut que pour une pag'e ; et cette pag-e est presque nécessaii^e dans l'économie du roman, puisqu'elle explique une situation nouvelle, qui créera des états d'àme nouveaux : le comte de Canaple, hôte de M. de Granson, est allé chasser chez des amis ; il s'attarde à la poursuite d'un cerf, et rentre au château en pleine nuit : « Il était si tard, quand il y arriva, et celui qui lui ouvrit la porte était si endormi, qu'à peine pût-il obtenir qu'il lui donnât de la lumière. Il monta tout de suite dans son appartement, dont il avait toujours une clef; la lumière qu'il portait s'éteignit dans le temps qu'il en ouvrit la porte ; il se déshabilla et se coucha le plus promptement qu'il pût. Mais quelle fut sa surprise, quand il s'aperçut

1. l'revost, Le Pour et le Contre [80], XVII, 77; Dictionnaire historique, littéraire et critique [109], 430; Laporic [118], III, 273.

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([u'il n'était pas seul, et qu'il comprit, par la délicatesse d'un pied qui vint s'appuyer sur lui, qu'il était couché avec une femme! Il était jeune et sensible. Cette aventure, où il ne comprenait rien, lui donnait déjà beaucoup d'émotion, quand cette femme, qui dormait toujours, s'approcha de façon à lui faire jug-er très avantageusement de son corps. De pareils moments ne sont pas ceux de la réflexion ; le comte de Ganaple n'en fit aucune, et profita du bonheur qui venait s'offrir ù lui. Cette personne, qui ne s'était presque pas éveillée, se rendormit aussitôt profondément ; mais son sommeil ne fut pas respecté : Mon Dieu, dit-elle d'une voix pleine de charmes, ne voulez-vous pas me laisser dormir ? — La voix de Mme de Granson, que le comte de Canaple reconnut, le mit dans un trouble et une ag-itation qu'il n'avait jamais éprouvés. Il regag-na la place où il s'était mis d'abord, et attendit, avec une crainte qui lui ôtait presque la respiration, le moment où il pourrait sortir. Il sortit enfin, et si heureusement, qu'il ne fut vu de personne » *. La scène est osée plutôt que « licencieuse »; et les détails du récit offrent moins des « imag-es de volupté » que des explications et des excuses. J'imagine que les lecteurs du xvni* siècle devaient s'intéresser davantage aux tête-à-tète gênés de Pauline et du président d'Hacqueville, de ce mari amoureux, qui voudrait être l'amant de sa femme, et de sa femme, qui ne lui permet même pas d'être son mari : c'était là, je crois, un problème sentimental qui n'avait pas encore été posé dans la littérature romanesque -.

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