‹ Madame de TencinChapitre 117 sur 200 · Cf. Bibliof/raphie, n · texte numérisé non relu

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LES ROMANS DE MADAME DE TENCIN. 16;i

Hère, cette simplicité de récit, ce sens du détail réaliste et vivant, qui laissent un charme même aux pag-es les plus prolixes de Cleveland ou du Doyen de Killerine, mais il pouvait reconnaître chez les héros de son amie « la sensibilité » des siens, — plus réservée peut-être, plus timide ou moins abondante en paroles, mais tout aussi ardente, et fatale, et triste. Natures inquiètes et faibles, comme les siens, « ils ont un fonds de sensibilité qui alarme pour le repos de leur vie » ; « quand ils ont quelque chose dans le cœur », ils sont à la merci des émotions les plus lég-ères : « la musique les jette dans un état de rêverie et d'attendrissement », où leur volonté s'énerve ; ils perdent la maîtrise d'eux-mêmes ' ; « leur malheureuse sensibilité,... la beauté du lieu, des jours, tout sert à les attendrir, tout conspire contre eux » ^. Dès que l'amour les a pris, ils lui appartiennent tout entiers, sans défense, comme sans remords : « Que voulez-vous 1 s'écrie Pauline à Eug'énie, je ne puis être que ce que Je suis » ^. — « Laissons nos pères se haïr, puisqu'ils le veulent, propose Comminge à Adélaïde, et allons dans quelque coin du monde jouir de notre tendresse, et nous en faire un devoir^ ». Ce sentiment d'irrésistible attrait, et d'impuissance devant les appels du cœur, écarte ces jeunes âmes des amours frivoles et successives, où tant de contemporains « mettent si peu d'importance »; « ils ne veulent point de galanterie, ils veulent de belles et bonnes passions » »,

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