‹ Madame de TencinChapitre 124 sur 200 · Comminge · texte numérisé non relu

Comminge

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une espèce de soulag-etnent à voir croître ses peines o. — « On ne se dit jamais bien nettement qu'on n'est pas aimée »'. — « La plupart des hommes prennent un sentiment vif d'amour-propre pour de l'amour ». — « Les hommes ne se croient obUg-és qu'.à la fidélité du cœur » etc.- L'allure sentencieuse de ces romans n'avait point échappé aux contemporains ; ils avaient extrait du Siège de Calais et des Malheurs de V Amour quelques « pensées » choisies ^ Mme de Tencin eût mérité d'écrire les Maximes du xviii" siècle. Elle connaissait quelque peu les femmes, et beaucoup les hommes ; elle avait assez de méchanceté pour tenir ses yeux en éveil, assez de souvenirs pour deviner juste, assez d'esprit pour dire finement et courtement. Elle eût pu, comme La Rochefoucauld vieilli, condenser son expérience en un tout petit livre précieux. 11 est grand dommage qu'elle l'ait pour ainsi dire délayée en des romans « sensibles ». Elle eût fait ainsi œuvre plus rare, plus résistante, et surtout plus personnelle. C'était là du moins que son instinct et son plaisir l'avaient depuis longtemps attirée; sa lettre philosophique au Père Maniquet n'est déjà qu'une série de « maximes » ; on en retrouvera dans toute sa correspondance ; et le divertissement préféré de ses « mardis » sera d'en discuter et d'en ciseler les formules avec l'aide de ses invités. Cherchons Mme de Tencin dans son salon et dans ses lettres plutôt que dans ses romans.

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