Duclos, Mémoire/) secrets
4. Mémoire pour servir, etc. [102J. 14; Saint-Simon [79], 331; Mémoires de Richelieu [130 A], II, 272. 111, 29.
tlommag"e de laisser rouiller d'aussi beaux talents que les siens »*. Au reste, il était temps; elle avait dépassé la trentaine; c'était tard pour les débuts d'une femme, à l'époque de la Régence surtout. Mme de Tencin le sentit; et c'est ce qui donnera à son attaque cette ardeur fiévreuse et un peu indiscrète qui lui nuira parfois. Il s'en fallait qu'elle fût laide '^. On l'eût même proclamée très belle, s'il y avait eu sur son visage cette sérénité et ce repos qui sont comme la conscience de la beauté; la sienne était plutôt, si l'on ose dire, une beauté active et toujours en travail de conquête. Le cou, flexible et long-, avait des courbes insinuantes ; la bouche, assez g-rande, était mobile, expressive et fraîche; les yeux, lég-èrement troubles, traduisaient avec vivacité l'impression du moment; et, sur cette physionomie sans cesse renouvelée, on sentait passer, dit Marivaux, « l'àme la plus ag-ile qui fut jamais » ^
Les succès furent rapides et vifs. 'Elle les trouva d'abord chez Mme de Ferriol. La maison de sa sœur était hospitalière. Le mari, discret, déjà vieux et sourd, y tenait une place assez mince, et se montrait satisfait pourvu qu'on lui laissât son confesseur moliniste. Le maréchal d'Uxelles, son voisin, plus que mûr, lui aussi, le suppléait auprès de Mme de Ferriol, sans enthousiasme, il est vrai, mais pour la plus grande joie de sa vaniteuse maîtresse ^ Ag-itée, rapace et pédante,